« Sonate pour piano no 14 de Beethoven » : différence entre les versions

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Contenu supprimé Contenu ajouté
→‎Liens externes : Ajout d'un site, en plus de celui de l'IMSLP, permettant de télécharger la partition en bonne qualité et gratuitement.
Balises : Révoqué Éditeur visuel
Piku (discuter | contributions)
→‎Histoire : correction redirections
 
(25 versions intermédiaires par 15 utilisateurs non affichées)
Ligne 4 : Ligne 4 :
{{Infobox Musique classique (œuvre)
{{Infobox Musique classique (œuvre)
| charte =
| charte =
| titre = Sonate pour piano {{}}14
| titre = Sonate pour piano {{numéro|14}}
| catalogue = Opus 27 {{n°}}2
| catalogue = Opus 27 {{n°}}2
| titre autre = « Quasi una fantasia »
| titre autre = « Quasi una fantasia »
Ligne 16 : Ligne 16 :
-->Luigi van Beethoven<br /><!--
-->Luigi van Beethoven<br /><!--
-->Opera 27. N° 2}}
-->Opera 27. N° 2}}
|fichier01 = Beethoven Sonate n14 1er mvt.wav
|fichier01 = Ludwig van Beethoven - sonata no. 14 in c sharp minor 'moonlight', op. 27 no. 2 - i. adagio sostenuto.ogg
|titre01 = I. Adagio sostenuto
|titre01 = I. Adagio sostenuto
|description01 = Interprété par Dorian Pâquet.
|description01 = Interprété par Paul Pitman.
|fichier02 = Beethoven Moonlight 2nd movement.ogg
|fichier02 = Moonlight Sonata Allegretto.ogg
|titre02 = II. Allegretto
|titre02 = II. Allegretto
|description02 = Interprété par Paul Pitman.
|fichier03 = Beethoven Moonlight 3rd movement.ogg
|fichier03 = Muriel-Nguyen-Xuan-Beethovens-Moonlight-Sonata-mvt-3.oga
|titre03 = III. Presto agitato
|titre03 = III. Presto agitato
|description03 = Interprété par Muriel Nguyen Xuan.
| alternative =
| alternative =
| genre = [[Sonate]]
| genre = [[Sonate]]
| mouvements = 3
| mouvements =
# ''[[Tempo|Adagio sostenuto]]''
# ''[[Tempo|Allegretto]]''
# ''[[Tempo|Presto agitato]]''
| actes =
| actes =
| musique = [[Ludwig van Beethoven]]
| musique = [[Ludwig van Beethoven]]
Ligne 35 : Ligne 40 :
| durée = 15 minutes
| durée = 15 minutes
| composition = [[1801 en musique classique|1801]] - [[1802 en musique classique|1802]]
| composition = [[1801 en musique classique|1801]] - [[1802 en musique classique|1802]]
| dédicataire = Giulietta Guicciardi
| dédicataire = [[Giulietta Guicciardi]]
| commanditaire =
| commanditaire =
| partition = [[Bonn]]
| partition = [[Bonn]]
Ligne 51 : Ligne 56 :
</div> -->
</div> -->
}}
}}
La '''Sonate {{}}14''' en [[do dièse mineur]], [[Numérotation de la musique classique|opus]] 27 {{}}2 de [[Ludwig van Beethoven]], surnommée « '''Sonate au Clair de lune''' », fut composée en [[1801 en musique classique|1801]]<ref name="Bary Cooper">{{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Barry|nom1=Cooper|lien auteur1=Barry Cooper|titre=Dictionnaire Beetoven|éditeur=J.C.Lattès|année=1991|pages totales=613|passage=411|isbn=978-2-7096-1081-0}}</ref> et publiée en [[1802 en musique classique|1802]]<ref name="Bary Cooper" /> avec une dédicace à la comtesse [[Giulietta Guicciardi]]<ref name="Bary Cooper" />, jeune femme de dix-sept ans dont le [[musicien]] semble avoir été amoureux. Comme sa jumelle la ''[[Sonate pour piano 13 de Beethoven|Sonate {{}}13]]'', Beethoven l'intitula '''''Sonata quasi una [[Fantaisie|Fantasia]] per il Clavicembalo o Piano-Forte''''', mais pas tant pour traduire sa volonté de s'affranchir des structures formelles de la [[sonate]] classique, que pour le sentiment d'improvisation que suscite le célèbre premier mouvement<ref name=":0">''Guide de la musique de piano et de clavecin'', Fayard, 1987, {{p.|106-107}}.</ref>.
La '''Sonate {{numéro|14}}''' en [[do dièse mineur|''do'' dièse mineur]], [[Numérotation de la musique classique|opus]] 27 {{numéro|2}} de [[Ludwig van Beethoven]], surnommée « '''Sonate au Clair de lune''' », pour [[piano]] seul, en 3 mouvements, fut composée en [[1801 en musique classique|1801]]<ref name="Bary Cooper">{{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Barry|nom1=Cooper|lien auteur1=Barry Cooper|titre=Dictionnaire Beetoven|éditeur=J.C.Lattès|année=1991|pages totales=613|passage=411|isbn=978-2-7096-1081-0}}</ref> et publiée en [[1802 en musique classique|1802]]<ref name="Bary Cooper" /> avec une dédicace à la comtesse [[Giulietta Guicciardi]]<ref name="Bary Cooper" />, son élève de piano de dix-sept ans dont le [[musicien]] semble avoir été amoureux. Comme sa jumelle la ''[[Sonate pour piano no 13 de Beethoven|Sonate {{numéro|13}}]]'', Beethoven l'intitula '''''Sonata quasi una [[Fantaisie|Fantasia]] per il Clavicembalo o Piano-Forte''''', mais pas tant pour traduire sa volonté de s'affranchir des structures formelles de la [[sonate]] classique, que pour le sentiment d'improvisation que suscite le célèbre premier mouvement<ref name=":0">''Guide de la musique de piano et de clavecin'', Fayard, 1987, {{p.|106-107}}.</ref>, précurseur de la [[musique romantique]] du {{XIXe siècle}}.


== Histoire ==
== Histoire ==
La sonate fut composée entre les ''[[Symphonie 1 de Beethoven|Première]]'' et ''[[Symphonie 2 de Beethoven|Deuxième Symphonies]]'', dans la période de crise morale que traversait Beethoven qui prenait conscience de sa [[surdité]] débutante. Son succès fut considérable aussi bien auprès des critiques (qui parlèrent de « fantaisie d'une unité parfaite, inspirée par un sentiment nu, profond et intime, taillé d'un seul bloc de marbre »<ref>Source : un critique de l’''[[Allgemeine musikalische Zeitung]]'', dans Jean et Brigitte Massin, ''Ludwig van Beethoven'', Fayard, 1967, {{p.|626}}</ref>) que du public. Des années plus tard, alors qu'il composait des œuvres plus audacieuses encore, Beethoven s'irrita du succès de cette sonate qu'il estimait moins bonne que d'autres. La comparant à la ''[[Sonate pour piano 24 de Beethoven|Sonate pour piano {{}}24]]'' en fa dièse majeur qu'il venait d'achever, il déclara ainsi vers [[1810]] à son ami [[Carl Czerny|Czerny]] : {{citation|On parle toujours de la sonate en do dièse mineur, j'ai pourtant écrit mieux que cela, ainsi la sonate en fa dièse majeur est autre chose<ref>http://augustevestris.fr/IMG/pdf/Integrale_concert_14.pdf</ref>.}}
La sonate fut composée entre les ''[[Symphonie no 1 de Beethoven|Première]]'' et ''[[Symphonie no 2 de Beethoven|Deuxième Symphonies]]'', dans la période de crise morale que traversait Beethoven qui prenait conscience de sa [[surdité]] débutante. Son succès fut considérable aussi bien auprès des critiques (qui parlèrent de « fantaisie d'une unité parfaite, inspirée par un sentiment nu, profond et intime, taillé d'un seul bloc de marbre »<ref>Source : un critique de l’''[[Allgemeine musikalische Zeitung]]'', dans Jean et Brigitte Massin, ''Ludwig van Beethoven'', Fayard, 1967, {{p.|626}}</ref>) que du public. Des années plus tard, alors qu'il composait des œuvres plus audacieuses encore, Beethoven s'irrita du succès de cette sonate qu'il estimait moins bonne que d'autres. La comparant à la ''[[Sonate pour piano no 24 de Beethoven|Sonate pour piano {{numéro|24}}]]'' en fa dièse majeur qu'il venait d'achever, il déclara ainsi vers [[1810]] à son ami [[Carl Czerny|Czerny]] : {{citation|On parle toujours de la sonate en do dièse mineur, j'ai pourtant écrit mieux que cela, ainsi la sonate en fa dièse majeur est autre chose<ref>http://augustevestris.fr/IMG/pdf/Integrale_concert_14.pdf</ref>.}}


=== L'appellation « Clair de lune » ===
=== L'appellation « Clair de lune » ===
Appelée « Sonate de la tonnelle » du vivant de Beethoven<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |auteur= |titre=Sonate n°14 "Clair de Lune" |description=D'après TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique de piano et de clavecin, Editions Fayard, 1987 |url=http://www.version-klassik.fr/romantique/beethoven/sonate-14-clair-de-lune/ |site=Version Klassik |date=2015-04-09 |consulté le=2020-08-30}}</ref>, le surnom « Clair de lune », sous lequel elle est largement connue aujourd'hui, lui fut donné par le poète allemand [[Ludwig Rellstab]] en [[1832]], soit cinq ans après la mort de Beethoven. Rellstab voyait dans le premier mouvement de cette sonate l'évocation d'une « barque au clair de lune sur le [[Lac des Quatre-Cantons]] »<ref>J. et B. Massin, ''Ludwig van Beethoven'', [[Fayard (maison d'édition)|Fayard]], [[1967]], {{p.|625}}.</ref>.
Appelée « Sonate de la tonnelle » du vivant de Beethoven<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |titre=Sonate n°14 "Clair de Lune" |description=D'après TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique de piano et de clavecin, Editions Fayard, 1987 |url=http://www.version-klassik.fr/romantique/beethoven/sonate-14-clair-de-lune/ |site=Version Klassik |date=2015-04-09 |consulté le=2020-08-30}}</ref>, le surnom « Clair de lune », sous lequel elle est largement connue aujourd'hui, lui fut donné par le poète allemand [[Ludwig Rellstab]] en [[1832]], soit cinq ans après la mort de Beethoven. Rellstab voyait dans le premier mouvement de cette sonate l'évocation d'une « barque au clair de lune sur le [[Lac des Quatre-Cantons]] »<ref>J. et B. Massin, ''Ludwig van Beethoven'', [[Fayard (maison d'édition)|Fayard]], [[1967]], {{p.|625}}.</ref>.


La réalité est toutefois différente puisque le premier mouvement décrit une marche funèbre et que la sonate fut cataloguée comme musique de deuil ; son jeu par Beethoven évoquait, d'après ses assistants, des fantômes traînant leurs chaînes dans un château. Ces erreurs d'appréciation sont en grande partie dues à un jeu biaisé de la plupart des interprètes dans le but de répondre aux goûts du public.
La réalité est toutefois différente puisque le premier mouvement décrit une marche funèbre et que la sonate fut cataloguée comme musique de deuil ; son jeu par Beethoven évoquait, d'après ses assistants, des fantômes traînant leurs chaînes dans un château. Ces erreurs d'appréciation sont en grande partie dues à un jeu biaisé de la plupart des interprètes dans le but de répondre aux goûts du public.


=== Comme une improvisation ===
=== Comme une improvisation ===
Selon le musicologue [[Jean Chantavoine]], la dénomination ''quasi una fantasia'' traduit l'idée d'une [[Improvisation musicale|improvisation]] (le mot ''fantasieren'' signifie imaginer, improviser)<ref>J.-G. Prod'homme, ''Les sonates pour piano de Beethoven'', Delagrave, 1944, {{p.|115}}</ref>.
Selon le musicologue [[Jean Chantavoine]], la dénomination ''quasi una fantasia'' traduit l'idée d'une [[Improvisation musicale|improvisation]] (le mot ''fantasieren'' signifie imaginer, improviser)<ref>J.-G. Prod'homme, ''Les Sonates pour piano de Beethoven'', Delagrave, 1944, {{p.|115}}</ref>.


Le violoniste {{Lien|fr = Karl Holz (violoniste)|trad = Karl Holz (violonist)|lang = en|texte = Karl Holz}} aurait reçu comme confidence de Beethoven que le premier mouvement de la sonate fut improvisé auprès du cadavre d'un ami. Mais de quel ami s'agirait-il<ref name=":0" /> ?
Le violoniste {{Lien|fr = Karl Holz (violoniste)|trad = Karl Holz (violinist)|langue = en|texte = Karl Holz}} aurait reçu comme confidence de Beethoven que le premier mouvement de la sonate fut improvisé auprès du cadavre d'un ami. Mais de quel ami s'agirait-il<ref name=":0" /> ?


== Structure ==
== Structure ==
Ligne 92 : Ligne 97 :
\tempo "Adagio sostenuto."
\tempo "Adagio sostenuto."
\stemNeutral
\stemNeutral
\times 2/3 { gis,8[^\markup {Si deve suonare tutto questo pezzo delicatissimamente e senza sordino} cis e] } \repeat percent 3 { \times 2/3 { gis,8[ cis e] } }
\times 2/3 { gis,8[^\markup {Si deve suonare tutto questo pezzo delicatissimamente e senza sordino} cis e] }
\override TupletNumber.stencil = ##f
\repeat percent 3 { \times 2/3 { gis,8[ cis e] } }
\repeat percent 4 { \times 2/3 { gis,8[ cis e] } }
\repeat percent 4 { \times 2/3 { gis,8[ cis e] } }
\times 2/3 { a,8[^( cis e] } \times 2/3 { a,8[ cis e]) } \times 2/3 { a,8[^( d fis] } \times 2/3 { a,8[ d fis]) }
\times 2/3 { a,8[^( cis e] } \times 2/3 { a,8[ cis e]) } \times 2/3 { a,8[^( d fis] } \times 2/3 { a,8[ d fis]) }
Ligne 101 : Ligne 108 :
} {
} {
\clef bass \relative c' {
\clef bass \relative c' {
\override TextScript #'whiteout = ##t
\key cis \minor
\key cis \minor
\time 2/2
\time 2/2
\tempo "Adagio sostenuto."
\tempo "Adagio sostenuto."
<cis,, cis'>1^\markup { sempre \dynamic pp e senza sordino } \noBreak
<cis,, cis'>1^\markup \italic { sempre \dynamic pp e senza sordino } \noBreak
<b b'> \noBreak
<b b'> \noBreak
<a a'>2 <fis fis'> \noBreak
<a a'>2 <fis fis'> \noBreak
Ligne 126 : Ligne 134 :
\new Staff = "right" \with {
\new Staff = "right" \with {
midiInstrument = "acoustic grand"
midiInstrument = "acoustic grand"
} \relative c'' {
} \relative c'' { \set Score.tempoHideNote = ##t
\key des \major
\key des \major
\numericTimeSignature
\numericTimeSignature
\time 3/4
\time 3/4
\partial 4
\partial 4
\tempo "Allegretto."
\tempo \markup {
\column {
\line { Allegretto. }
\line \tiny { La prima parte senza repetizione. }
}
} 4 = 180
<aes des>4(\p
<aes des>4(\p
<aes c>2 <g bes>4
<aes c>2 <g bes>4
Ligne 151 : Ligne 164 :
\partial 4
\partial 4
\tempo "Allegretto."
\tempo "Allegretto."
fes4(
f4(
ees2 des4
ees2 des4
c)-. r <des, bes'>-.
c)-. r <des, bes'>-.
Ligne 188 : Ligne 201 :
\tempo "Presto agitato."
\tempo "Presto agitato."
%1
%1
s2\p cis,16 e, \[ gis cis e gis, cis e \] \bar "|:"
s2\p cis,16 e, \[ gis cis e gis, cis e \] \bar ".|:"
gis cis, e gis cis e, \[ gis cis e gis, cis e \] <gis, cis e gis>8\sfz-. <gis cis e gis>-.
gis cis, e gis cis e, \[ gis cis e gis, cis e \] <gis, cis e gis>8\sfz-. <gis cis e gis>-.
%2
%2
Ligne 204 : Ligne 217 :
% impossible d'afficher le premier !
% impossible d'afficher le premier !
%1
%1
<< { \[ r16 gis,16 cis e \] gis16 cis, e gis s2 } \\ { cis,,8-. gis'-. cis,-. gis'-. cis,-. gis'-. cis,-. gis'-.}>> \stemDown \bar "|:"
<< { \[ r16 gis,16 cis e \] gis16 cis, e gis s2 } \\ { cis,,8-. gis'-. cis,-. gis'-. cis,-. gis'-. cis,-. gis'-.}>> \stemDown \bar ".|:"
%2
%2
cis, gis' cis, gis' cis, gis' <cis, cis'>\sfz gis'
cis, gis' cis, gis' cis, gis' <cis, cis'>\sfz gis'
Ligne 228 : Ligne 241 :
*{{Citation|Il ne faudra aucune lumière et qu'il joue la sonate Clair de lune dans l'obscurité pour mieux voir s'éclairer les choses}}<ref>{{Ouvrage|nom1=Proust|titre=Du côté de chez Swann|éditeur=[[France Loisirs]]|année=1988|passage=p.137|isbn=|isbn3=2724240065}}</ref> ([[Marcel Proust|Proust]], ''[[Du côté de chez Swann]]'', propos des [[Madame Verdurin|Verdurin]])
*{{Citation|Il ne faudra aucune lumière et qu'il joue la sonate Clair de lune dans l'obscurité pour mieux voir s'éclairer les choses}}<ref>{{Ouvrage|nom1=Proust|titre=Du côté de chez Swann|éditeur=[[France Loisirs]]|année=1988|passage=p.137|isbn=|isbn3=2724240065}}</ref> ([[Marcel Proust|Proust]], ''[[Du côté de chez Swann]]'', propos des [[Madame Verdurin|Verdurin]])
*''[[Détective Conan]]'', manga de [[Gōshō Aoyama]], tome 7, dossiers 2 à 8, où une série de crimes se commet autour de la sonate au Clair de Lune (affaire adaptée dans l'épisode 11 de la première saison de l'[[Liste des épisodes de Détective Conan|animation éponyme]] sous le titre ''Sonate pour crime au clair de lune'').
*''[[Détective Conan]]'', manga de [[Gōshō Aoyama]], tome 7, dossiers 2 à 8, où une série de crimes se commet autour de la sonate au Clair de Lune (affaire adaptée dans l'épisode 11 de la première saison de l'[[Liste des épisodes de Détective Conan|animation éponyme]] sous le titre ''Sonate pour crime au clair de lune'').
*''[[Des diables et des saints]]'', roman de [[Jean-Baptiste Andrea]] dans les premières pages et aussi en prologue extrait de la partition adagio sostenuto.

== Au cinéma, musique de film ==
* 1956 : ''[[Symphonie inachevée (film)|Symphonie inachevée]]'', de [[Glauco Pellegrini]], scène imaginaire où [[Franz Schubert|Schubert]] écoute Beethoven interpréter la Sonate au clair de lune, la nuit, dans le parc de sa demeure.
* 1994 : ''[[Ludwig van B.]]'', de [[Bernard Rose]], {{1er}} mouvement interprété par Beethoven<ref>{{YouTube|Atglr9BhkYc|Beethoven - Sonate au Clair de lune - Ludwig van B.}}</ref>.
* 1995 : ''[[The Genius of Beethoven]]'', d'[[Ursula Macfarlane]], {{3e}} mouvement interprété par Beethoven<ref>{{YouTube|wI7Ookr4-gU|The Genius of Beethoven - Sonata n° 14 1er et 3e mouvement}}</ref>{{,}}<ref>{{lien web | url = https://www.senscritique.com/film/The_Genius_of_Beethoven/11948420 | titre = The Genius of Beethoven | site = www.senscritique.com | consulté le = Novembre 2022}}.</ref>.
* 2002 : ''[[Le Pianiste]]'', de [[Roman Polanski]].


== Notes et références ==
== Notes et références ==
Ligne 238 : Ligne 258 :
=== Liens externes ===
=== Liens externes ===
{{Autres projets|commons=Category:Piano Sonata No. 14 (Beethoven)}}
{{Autres projets|commons=Category:Piano Sonata No. 14 (Beethoven)}}
* {{Bases musique}}
{{Liens}}
* {{en}} [http://www.moonlightpianosonata.com/listen-to-moonlight-sonata/ Interprétation] d'[[Artur Schnabel]]
* {{en}} [http://www.moonlightpianosonata.com/listen-to-moonlight-sonata/ Interprétation] d'[[Artur Schnabel]]
* {{YouTube|GXjhc8EbY4I|Beethoven Moonlight Sonata}}, par [[Daniel Barenboim]]
* {{Autorité}}
*[https://www.rhapsody.fr/partition/beethoven/sonate-au-clair-de-lune/ La partition au format PDF]


{{Palette|Sonates pour piano de Beethoven}}
{{Palette|Sonates pour piano de Beethoven}}
{{Portail|musique classique|Ludwig van Beethoven}}
{{Portail|Ludwig van Beethoven|musique classique|années 1800}}


[[Catégorie:Sonate pour piano de Ludwig van Beethoven]]
[[Catégorie:Sonate pour piano de Ludwig van Beethoven]]
[[Catégorie:Œuvre en do dièse mineur|Sonate pour piano nº 14 de Beethoven]]
[[Catégorie:Œuvre en do dièse mineur|Sonate pour piano nº 14 de Beethoven]]
[[Catégorie:Œuvre musicale composée en 1801]]

Dernière version du 2 avril 2024 à 17:23

Sonate pour piano no 14
Opus 27 no 2
« Quasi una fantasia »
Image illustrative de l’article Sonate pour piano no 14 de Beethoven
Première édition de l'œuvre en mars 1802 par Giovanni Cappi en Italien. On peut apercevoir la dédicace à Giulietta Guicciardi.

« Sonata quasi una fantasia
Per il Clavicembalo o Piano-forte
Alle Damigella Contessa
GIULIETTA GUICCIARDI
—.DA.—
Luigi van Beethoven
Opera 27. N° 2 »


Genre Sonate
Nb. de mouvements
  1. Adagio sostenuto
  2. Allegretto
  3. Presto agitato
Musique Ludwig van Beethoven
Effectif Piano seul
Durée approximative 15 minutes
Dates de composition 1801 - 1802
Dédicataire Giulietta Guicciardi
Partition autographe Bonn
Fichiers audio
I. Adagio sostenuto
noicon
Interprété par Paul Pitman.
II. Allegretto
noicon
Interprété par Paul Pitman.
III. Presto agitato
noicon
Interprété par Muriel Nguyen Xuan.

La Sonate no 14 en do dièse mineur, opus 27 no 2 de Ludwig van Beethoven, surnommée « Sonate au Clair de lune », pour piano seul, en 3 mouvements, fut composée en 1801[1] et publiée en 1802[1] avec une dédicace à la comtesse Giulietta Guicciardi[1], son élève de piano de dix-sept ans dont le musicien semble avoir été amoureux. Comme sa jumelle la Sonate no 13, Beethoven l'intitula Sonata quasi una Fantasia per il Clavicembalo o Piano-Forte, mais pas tant pour traduire sa volonté de s'affranchir des structures formelles de la sonate classique, que pour le sentiment d'improvisation que suscite le célèbre premier mouvement[2], précurseur de la musique romantique du XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

La sonate fut composée entre les Première et Deuxième Symphonies, dans la période de crise morale que traversait Beethoven qui prenait conscience de sa surdité débutante. Son succès fut considérable aussi bien auprès des critiques (qui parlèrent de « fantaisie d'une unité parfaite, inspirée par un sentiment nu, profond et intime, taillé d'un seul bloc de marbre »[3]) que du public. Des années plus tard, alors qu'il composait des œuvres plus audacieuses encore, Beethoven s'irrita du succès de cette sonate qu'il estimait moins bonne que d'autres. La comparant à la Sonate pour piano no 24 en fa dièse majeur qu'il venait d'achever, il déclara ainsi vers 1810 à son ami Czerny : « On parle toujours de la sonate en do dièse mineur, j'ai pourtant écrit mieux que cela, ainsi la sonate en fa dièse majeur est autre chose[4]. »

L'appellation « Clair de lune »[modifier | modifier le code]

Appelée « Sonate de la tonnelle » du vivant de Beethoven[5], le surnom « Clair de lune », sous lequel elle est largement connue aujourd'hui, lui fut donné par le poète allemand Ludwig Rellstab en 1832, soit cinq ans après la mort de Beethoven. Rellstab voyait dans le premier mouvement de cette sonate l'évocation d'une « barque au clair de lune sur le Lac des Quatre-Cantons »[6].

La réalité est toutefois différente puisque le premier mouvement décrit une marche funèbre et que la sonate fut cataloguée comme musique de deuil ; son jeu par Beethoven évoquait, d'après ses assistants, des fantômes traînant leurs chaînes dans un château. Ces erreurs d'appréciation sont en grande partie dues à un jeu biaisé de la plupart des interprètes dans le but de répondre aux goûts du public.

Comme une improvisation[modifier | modifier le code]

Selon le musicologue Jean Chantavoine, la dénomination quasi una fantasia traduit l'idée d'une improvisation (le mot fantasieren signifie imaginer, improviser)[7].

Le violoniste Karl Holz (en) aurait reçu comme confidence de Beethoven que le premier mouvement de la sonate fut improvisé auprès du cadavre d'un ami. Mais de quel ami s'agirait-il[2] ?

Structure[modifier | modifier le code]

La sonate comprend trois mouvements et son exécution dure un peu moins de quinze minutes :

  1. Adagio sostenuto, en ut dièse mineur, à 2/2, 69 mesures[8].
  2. Allegretto, en ré bémol majeur, à
    , 60 mesures[8].
  3. Presto agitato, en ut dièse mineur, à 4/4, 200 mesures[8].

La dénomination quasi una fantasia n'est pas tant par rapport à la structure habituelle d'une sonate classique (débuter par un mouvement lent n'est pas exceptionnel à cette époque), ni par la variation des tempos ou des tonalités. Elle est plutôt liée au sentiment d'improvisation que suscite le premier mouvement dont le chant, selon André Boucourechliev, « s'épanouit librement, tour à tour à la surface ou dans les profondeurs de la trame musicale »[2]. Le dernier mouvement est lui aussi empreint de liberté et « d'une improvisation alliant la plus grande rigueur à la véhémence de l'expression[2]. »

I. Adagio sostenuto[modifier | modifier le code]

Le premier mouvement, sorte de marche funèbre intime[2], est construit sur une basse octaviée à la main gauche et des accords de trois sons arpégés à la main droite. Progressivement une ligne mélodique s'ajoute à la main droite, parfois en contrepoint de la main gauche — mélodie qu'Hector Berlioz qualifiera de « lamentation ». Tout le morceau doit être joué entre piano et pianissimo, selon les indications du compositeur[9]. Le mouvement se termine par l'exposition du thème à la main gauche et un decrescendo qui laisse la musique mourir dans les accords finaux de do dièse mineur.

La partition originale indique que le premier mouvement doit être interprété avec la pédale « forte » enfoncée tout du long. L'effet de cette pédale n'étant pas identique sur les pianos modernes[10], le jeu doit en être adapté. Le caractère d'ostinato de la main droite, le tempo lent, les harmonies sombres donnent au morceau une coloration lugubre et très émotive. De nombreux auditeurs ont ainsi été fortement marqués par ce morceau. Berlioz en dit : « C’est l'un de ces poèmes que le langage humain ne sait pas comment qualifier »[11].

Ce mouvement est évoqué par Liszt dans ses Pensées des morts, pièce des Harmonies poétiques et religieuses[12].


\unfoldRepeats
\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \relative c'' {
      \key cis \minor
      \time 2/2
      \tempo "Adagio sostenuto."
      \stemNeutral
      \times 2/3 { gis,8[^\markup {Si deve suonare tutto questo pezzo delicatissimamente e senza sordino} cis e] }
      \override TupletNumber.stencil = ##f
      \repeat percent 3 { \times 2/3 { gis,8[ cis e] } }
      \repeat percent 4 { \times 2/3 { gis,8[ cis e] } }
      \times 2/3 { a,8[^( cis e] } \times 2/3 { a,8[ cis e]) } \times 2/3 { a,8[^( d fis] } \times 2/3 { a,8[ d fis]) }
      \times 2/3 { gis,8[^( bis fis'] } \times 2/3 { gis,8[ cis e] } \times 2/3 { gis,8[ cis dis] } \times 2/3 { \change Staff = "left" fis,8[ \change Staff = "right" bis dis]) }
  }
  \new Staff = "left" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } {
    \clef bass \relative c' {
      \override TextScript #'whiteout = ##t
      \key cis \minor
      \time 2/2
      \tempo "Adagio sostenuto."
      <cis,, cis'>1^\markup \italic { sempre \dynamic pp e senza sordino } \noBreak
      <b b'> \noBreak
      <a a'>2 <fis fis'> \noBreak
      <gis gis'> <gis gis'> \noBreak
    }
  }
>>
\midi {
  \context {
    \Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 60 4)
  }
}
Début du premier mouvement

II. Allegretto[modifier | modifier le code]

Le deuxième mouvement est marqué « attaca subito », c'est-à-dire qu'il faut le commencer soudainement à la fin du premier[9]. L'effet recherché est un effet de contraste : si le premier mouvement était lent, et lugubre, le deuxième au contraire est marqué Allegretto, et se trouve dans la tonalité de ré bémol majeur, c'est-à-dire l'enharmonique de do dièse mineur. Avec humour, le mouvement fait alterner joyeusement legato et staccato, noires et blanches, soupirs… L'utilisation des octaves et des sforzandos dans le trio montre bien ce côté joyeux de la musique. Franz Liszt dira même de ce mouvement que c'est « une fleur entre deux abîmes[2]. »


\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \relative c'' { \set Score.tempoHideNote = ##t
    \key des \major
    \numericTimeSignature
    \time 3/4
    \partial 4
    \tempo \markup {
     \column {
      \line { Allegretto. }
      \line \tiny { La prima parte senza repetizione. }
     }
    } 4 = 180
    <aes des>4(\p
    <aes c>2 <g bes>4
    <aes ees'>)-. r <f des'>-.
    <aes c>-. r <g bes>-.
    aes-. r <des ges>(
    <des f>2 <c ees>4
    <des aes'>)-. r <bes ges'>-.
    <des f>-. r <c ees>-.
    des-. r
  }
  \new Staff = "left" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } {
    \clef bass \relative c' {
      \key des \major
      \numericTimeSignature
      \time 3/4
      \partial 4
      \tempo "Allegretto."
      f4(
      ees2 des4
      c)-. r <des, bes'>-.
      <ees ees'>-. r <ees des'>-.
      <aes c>-.r \clef treble bes'(
      aes2 ges4
      f)-. r \clef bass <ges, ees'>-.
      <aes aes'>-. r <aes ges'>-.
      <des f>-. r
    }
  }
>>
\midi {
  \context {
    \Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 112 4)
  }
}
Début du deuxième mouvement

III. Presto agitato[modifier | modifier le code]

Tandis que le deuxième mouvement marquait une pause, une bouffée d'air frais après la douleur sourde du premier mouvement, le troisième mouvement est caractérisé tout d'abord par un retour à la sombre tonalité de do dièse mineur et un tempo très tendu : Presto agitato. Ce mouvement est en outre le plus long et le plus difficile techniquement de la sonate, reflétant une expérimentation que Beethoven a déjà faite dans la sonate op. 27 no 1, de placer le mouvement le plus important en dernière place.

L'écriture très pianistique fait un usage puissant des arpèges, des sforzandos et des octaves[9] qui donnent le sentiment d'une musique extrêmement puissante et même violente. L'utilisation des basses d'Alberti et des octaves brisées[Quoi ?] contribuent également à donner à ce mouvement le caractère passionné d'une tornade.

La parenté thématique avec le premier mouvement est donnée par les mêmes accords brisés des trois premières notes de l'arpège sol–do–mi.


\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \relative c'' {
    \key cis \minor
    \time 4/4
    \tempo "Presto agitato."
    %1
      s2\p cis,16 e, \[ gis cis e gis, cis e \] \bar ".|:"
      gis cis, e gis cis e, \[ gis cis e gis, cis e \] <gis, cis e gis>8\sfz-. <gis cis e gis>-.
    %2
      s2. dis16 gis, bis dis
    %3    
      gis bis, dis gis bis dis, gis bis dis gis, bis dis <gis, bis dis gis>8-.\sfz <gis bis dis gis>-.
  }
  \new Staff = "left" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } {
    \clef bass \relative c' {
      \key cis \minor
      \time 4/4
      \tempo "Presto agitato." 
      % impossible d'afficher le premier ! 
      %1
        << { \[ r16 gis,16 cis e \] gis16 cis, e gis s2 } \\ { cis,,8-. gis'-.  cis,-. gis'-. cis,-. gis'-. cis,-. gis'-.}>> \stemDown \bar ".|:"
      %2
        cis, gis' cis, gis' cis, gis' <cis, cis'>\sfz gis'
      %3
        <<{r16 gis bis dis fis bis, dis gis bis dis, gis bis s4}\\{bis,,8 gis' bis, gis' bis, gis' bis, gis'}>>
        bis, gis' bis, gis' bis, gis' <bis, bis'>\sfz gis'
    }
  }
>>
\midi {
  \context {
    \Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 160 4)
  }
}
Début du dernier mouvement

Ce troisième mouvement a été une source d'inspiration pour la Fantaisie-Impromptu, également écrite en do dièse mineur, de Chopin, qui a utilisé la même relation entre les tonalités que dans la sonate, et a repris l'utilisation des basses d'Alberti et des arpèges pour les première et troisième parties de l'œuvre[13].

Mention dans la littérature[modifier | modifier le code]

Au cinéma, musique de film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Barry Cooper, Dictionnaire Beetoven, J.C.Lattès, , 613 p. (ISBN 978-2-7096-1081-0), p. 411
  2. a b c d e et f Guide de la musique de piano et de clavecin, Fayard, 1987, p. 106-107.
  3. Source : un critique de l’Allgemeine musikalische Zeitung, dans Jean et Brigitte Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 626
  4. http://augustevestris.fr/IMG/pdf/Integrale_concert_14.pdf
  5. « Sonate n°14 "Clair de Lune" », D'après TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique de piano et de clavecin, Editions Fayard, 1987, sur Version Klassik, (consulté le )
  6. J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 625.
  7. J.-G. Prod'homme, Les Sonates pour piano de Beethoven, Delagrave, 1944, p. 115
  8. a b et c Toutes les indications de tonalité, nuances, mesure ont été relevées sur l'édition originale visible sur [1], consultées le 1er mai 2013
  9. a b et c http://erato.uvt.nl/files/imglnks/usimg/1/19/IMSLP51726-PMLP01458-Beethoven_Werke_Breitkopf_Serie_16_No_137_Op_27_No_2.pdf
  10. Au XVIIIe siècle, la pédale forte n'était pas conçue pour être utilisée pendant l'interprétation mais, à l'instar des jeux d'orgue qui transforment le son, permettait de moduler le comportement des étouffoirs.
  11. (en) Charles Rosen (2002). Beethoven's Piano Sonatas: A Short Companion. Yale University Press. (ISBN 978-0-300-09070-3).
  12. Programme de concert des Harmonies poétiques et religieuses par Aldo Ciccolini à la Cité de la Musique, p. 4.
  13. (en) Felix Salzer, Aspects of Schenkerian Analysis, David Beach, ed. Yale University Press, 1983
  14. Proust, Du côté de chez Swann, France Loisirs, , p.137
  15. [vidéo] Beethoven - Sonate au Clair de lune - Ludwig van B. sur YouTube
  16. [vidéo] The Genius of Beethoven - Sonata n° 14 1er et 3e mouvement sur YouTube
  17. « The Genius of Beethoven », sur www.senscritique.com (consulté en ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :