« Protection auditive » : différence entre les versions

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La '''protection auditive''' a pour rôle la réduction du [[Niveau (audio)|niveau]] sonore perçu à l'[[oreille]] soit dans le but de protéger contre les risques de [[surdité]] soit pour améliorer le confort (sommeil, concentration). Elle peut également être utilisée pour empêcher l'eau de pénétrer dans le [[Conduit auditif externe humain|conduit auditif]] ou pour rééquilibrer la pression entre l'[[oreille moyenne]] et l'extérieur lors de voyages en [[avion]].
La '''protection auditive''' a pour rôle la réduction du [[Niveau (audio)|niveau]] sonore perçu à l'[[oreille]] soit dans le but de protéger contre les risques de [[surdité]] soit pour améliorer le confort (sommeil, concentration)<ref name="ILO-1">{{Ouvrage |prénom1=Elliott H. |nom1=Berger|prénom2= John R.|nom2=Francs |éditeur=[[Organisation internationale du travail]] |titre=Encyclopaedia of Occupational Health and Safety|année= 1998 |lieu=Genève |numéro d'édition=4th |lire en ligne= https://www.iloencyclopaedia.org/fr/part-iv-66769/personal-protection-59388/item/690-hearing-protection |consulté le=2023-04-15 |chapitre= Protection auditive (In : Volume 1. Partie IV. Outils et approches. Chapitre Protection personnelle |isbn = |pages totales=1278}}</ref>. Elle peut également être utilisée pour empêcher l'eau de pénétrer dans le [[Conduit auditif externe humain|conduit auditif]] ou pour rééquilibrer la pression entre l'[[oreille moyenne]] et l'extérieur lors de voyages en [[avion]].


Les chercheurs ont découvert que l'utilisation d'équipements de protection n'entraînait pas de réduction significative du risque de perte auditive<ref>Elliott H. Berger & Jérémie Voix. [https://online-ams.aiha.org/amsssa/ecssashop.show_product_detail?p_mode=detail&p_product_serno=2719 Chapter 11. Hearing Protection Devices]. In: The Noise Manual (en) / D.K. Meinke, E.H. Berger, R. Neitzel, D.P. Driscoll & K. Bright eds. 6th ed. Falls Church: American Industrial Hygiene Association, 2020. P. 257. 621 p.</ref>{{,}}<ref>Groenewold M.R., Masterson E.A., Themann C.L., Davis R.R. [https://stacks.cdc.gov/view/cdc/36768 Do hearing protectors protect hearing?] American Journal of Industrial Medicine. — Wiley Periodicals, 2014. — 3 April vol. 57 iss. 9. — P. 1001-1010. — ISSN 1097-0274. — doi:10.1002/ajim.22323. — PMID 24700499.</ref>.
Les chercheurs ont découvert que l'utilisation d'équipements de protection n'entraînait pas de réduction significative du risque de perte auditive<ref name="AIHA-6-11">{{Ouvrage |prénom1=Elliott H. |nom1=Berger|prénom2= Jérémie|nom2=Voix |éditeur=American Industrial Hygiene Association |titre=The Noise Manual (éditeurs D.K. Meinke, E.H. Berger, R. Neitzel, D.P. Driscoll, K. Bright)|année= 2018 |lieu= Falls Church, Virginia |passage=255–308 |numéro d'édition=6th |lire en ligne= https://online-ams.aiha.org/amsssa/ecssashop.show_product_detail?p_mode=detail&p_product_serno=2719 |consulté le=2023-02-24 |langue=en |chapitre=Chapter 11: Hearing Protection Devices|isbn =978-1-950286-07-2|pages totales=621|format=pdf}}</ref>{{,}}<ref>{{article |langue=en |nom1=Groenewold |prénom1=M.R.|nom2=Masterson |prénom2=E.A. |nom3=Themann |prénom3=C.L. |nom4=Davis |prénom4=R.R. |lire en ligne=https://stacks.cdc.gov/view/cdc/36768 |titre=Do hearing protectors protect hearing? |périodique=American Journal of Industrial Medicine |éditeur=Wiley Periodicals |date=3 avril 2014 |volume=57 |numéro=9 |passage=1001-1010 |ISSN=1097-0274|doi=10.1002/ajim.22323 |PMID=24700499}}</ref>.


== Histoire ==
== Histoire ==
[[File:Dessin premier bouchon à façonner inventé par K L Wade en 1939.PNG|thumb|upright=0.6|Protection auditive de KL Wade 1939.]]
[[Fichier:Dessin premier bouchon à façonner inventé par K L Wade en 1939.PNG|vignette|redresse|Protection auditive de KL Wade 1939.]]
[[Fichier:Dessin premier bouchon préformé inventé par J S Knighf.PNG|vignette|redresse|Bouchon de type non linéaire inventé par JS Knighf en 1954.]]
La première utilisation de bouchons d'oreilles en cire est mentionnée dans l’''[[Odyssée]]''<ref>[[Homère]], ''L’Odyssée - Chant XII'', {{VIIIe siècle av. J.-C.}}</ref>, lorsque l'équipage d’Ulysse utilise ce procédé pour éviter d'être distrait par le chant des Sirènes.


La première utilisation de bouchons d'oreilles en cire est mentionnée dans l’''[[Odyssée]]''<ref>[[Homère]], ''L’Odyssée - Chant XII'', {{VIIIe siècle av. J.-C.}}</ref>, lorsque l'équipage d’Ulysse utilise ce procédé pour éviter d'être distrait par le chant des Sirènes. En 1921 est créée l'entreprise [[Quies]], qui fabrique les boules éponymes. La première demande de dépôt de [[Brevet d'invention|brevet]] pour un protecteur auditif remonte à 1939 : Kenneth L. Wade, citoyen américain, a mis au point un bouchon composé d'un corps poreux en latex<ref>{{en}} Kenneth L. Wade, ''Ear protector'', United State Patent Office, {{n°}}2262568, 1939.</ref>, pour éviter de créer une pression d'air excessive dans le canal auditif ou sur le [[Tympan (anatomie)|tympan]]. Ce cylindre était imprégné d'une cire amorphe et d'une gelée de pétrole, pour permettre une insertion et un retrait du protecteur plus aisés qu'avec un bouchon de cire classique.
En 1921 est créée l'entreprise [[Quies]], qui fabrique les boules éponymes.


En 1954, John S. Knighf développa<ref>{{en}} John S. Knighf and all, ''Cushion mounting for mass impedance resonnance'', United Patent Office, {{n°}}2717596, 1954.</ref> un bouchon de type préformé destiné à réduire les bruits violents de type explosion. Maurice C. Rosenblatt mit au point en {{date-|septembre 1959}}, un système<ref>{{en}} Maurice C. Rosenblatt, ''Device for protecting ears from hight intensity noise'', United State Patent Office, {{n°}}3016054, 1959.</ref> destiné aux personnes exposées à des intensités sonores intenses, le protecteur était composé d'un serre-tête avec des bouchons en caoutchouc destinés à être introduits dans l'oreille. Raymond et Cecilia Benner ont inventé<ref>[http://www.macksearplugs.com/about_macks.php Mack's History].</ref> les premiers bouchons moulés en [[silicone]] en 1962.
La première demande de dépôt de [[brevet]] pour un protecteur auditif remonte à 1939 : Kenneth L. Wade, citoyen américain, a mis au point un bouchon composé d'un corps poreux en latex<ref>{{en}} Kenneth L. Wade, ''Ear protector'', United State Patent Office, {{n°}}2262568, 1939.</ref>, pour éviter de créer une pression d'air excessive dans le canal auditif ou sur le [[Tympan (anatomie)|tympan]]. Ce cylindre était imprégné d'une cire amorphe et d'une gelée de pétrole, pour permettre une insertion et un retrait du protecteur plus aisés qu'avec un bouchon de cire classique.
[[File:Dessin premier bouchon préformé inventé par J S Knighf.PNG|thumb|upright=0.6|Bouchon de type non linéaire inventé par JS Knighf en 1954.]]

En 1954, John S. Knighf développa<ref>{{en}} John S. Knighf and all, ''Cushion mounting for mass impedance resonnance'', United Patent Office, {{n°}}2717596, 1954.</ref> un bouchon de type préformé destiné à réduire les bruits violents de type explosion.

Maurice C. Rosenblatt mit au point en septembre 1959, un système<ref>{{en}} Maurice C. Rosenblatt, ''Device for protecting ears from hight intensity noise'', United State Patent Office, {{n°}}3016054, 1959.</ref> destiné aux personnes exposées à des intensités sonores intenses, le protecteur était composé d'un serre-tête avec des bouchons en caoutchouc destinés à être introduits dans l'oreille.
Raymond et Cecilia Benner ont inventé<ref>[http://www.macksearplugs.com/about_macks.php Mack's History].</ref> les premiers bouchons moulés en [[silicone]] en 1962.


Les matières utilisées pour la fabrication des bouchons à façonner en mousse ont été découvertes au [[Conseil national de la recherche des États-Unis]], par Ross Gardner et son équipe. Dans le cadre d'un projet sur les joints d'étanchéité, ils ont mis au point une résine avec des propriétés d'absorption d'énergie. Un brevet<ref>{{en}} Ross Gardner, ''Earplugs'', United State Patent Office, {{n°}}RE29487, 1976.</ref> a été déposé en 1976 par Ross Gardner. Ce matériau a été développé ultérieurement et commercialisé sous forme de bouchon d’oreilles en mousse à mémoire de forme.
Les matières utilisées pour la fabrication des bouchons à façonner en mousse ont été découvertes au [[Conseil national de la recherche des États-Unis]], par Ross Gardner et son équipe. Dans le cadre d'un projet sur les joints d'étanchéité, ils ont mis au point une résine avec des propriétés d'absorption d'énergie. Un brevet<ref>{{en}} Ross Gardner, ''Earplugs'', United State Patent Office, {{n°}}RE29487, 1976.</ref> a été déposé en 1976 par Ross Gardner. Ce matériau a été développé ultérieurement et commercialisé sous forme de bouchon d’oreilles en mousse à mémoire de forme.
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== Classification ==
== Classification ==
La protection auditive utilisée principalement pour la protection contre le bruit peut avoir plusieurs appellations :
La protection auditive utilisée principalement pour la protection contre le bruit peut avoir plusieurs appellations :
* « protection auditive contre le bruit » ;
* « Protection auditive contre le bruit » ;
* « protecteur individuel contre le bruit » (PICB) dénomination utilisée par l'ensemble des normes (EN 458<ref>Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien.</ref>, EN352<ref name=EN352-1>Norme EN 352-1:2002 – Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 1 : serre-tête (casque antibruit).</ref>{{,}}<ref name=EN352-2>Norme EN 352-2:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 2 : bouchons d'oreille.</ref>{{,}}<ref name=EN352-3>Norme EN 352-3:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 3 : serre-tête (casque antibruit) monté sur casque de protection pour l’industrie.</ref>{{,}}<ref name=EN352-4>Norme EN 352-4:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 4 : serre-tête à atténuation dépendante du niveau.</ref>, EN 13819<ref>Norme EN 13819-1:2003 – Protecteurs individuels contre le bruit — Essais — Partie 1 : méthodes d'essai physique.</ref>{{,}}<ref name=EN13819-2>Norme EN 13819-2:2003, Protecteurs individuels contre le bruit — Essais — Partie 2 : méthodes d'essai acoustique.</ref>...)
* « Protecteur individuel contre le bruit » (PICB) dénomination utilisée par l'ensemble des normes (EN 458<ref>Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien.</ref>, EN352<ref name=EN352-1>Norme EN 352-1:2002 – Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 1 : serre-tête (casque antibruit).</ref>{{,}}<ref name=EN352-2>Norme EN 352-2:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 2 : bouchons d'oreille.</ref>{{,}}<ref name=EN352-3>Norme EN 352-3:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 3 : serre-tête (casque antibruit) monté sur casque de protection pour l’industrie.</ref>{{,}}<ref name=EN352-4>Norme EN 352-4:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 4 : serre-tête à atténuation dépendante du niveau.</ref>, EN 13819<ref>Norme EN 13819-1:2003 – Protecteurs individuels contre le bruit — Essais — Partie 1 : méthodes d'essai physique.</ref>{{,}}<ref name=EN13819-2>Norme EN 13819-2:2003, Protecteurs individuels contre le bruit — Essais — Partie 2 : méthodes d'essai acoustique.</ref>...)


Les protections contre le bruit sont de deux types<ref>« [http://www.officiel-prevention.com/protections-individuelles/l_audition/detail_dossier_CHSCT.php?rub=91&ssrub=99&dossid=131 Les protecteurs individuels contre le bruit (PICB)] », ''Officiel Prévention''.</ref> :
Les protections contre le bruit sont de deux types<ref>« [http://www.officiel-prevention.com/protections-individuelles/l_audition/detail_dossier_CHSCT.php?rub=91&ssrub=99&dossid=131 Les protecteurs individuels contre le bruit (PICB)] », ''Officiel Prévention''.</ref> : le serre-tête à coquilles<ref name=EN352-1/>, et le bouchon d'oreilles<ref name=EN352-2/>.
* le serre-tête à coquilles<ref name=EN352-1/> ;
* le bouchon d'oreilles<ref name=EN352-2/>.


[[File:Serre tête.jpg|thumb|upright=0.6|Serre-tête à coquille.]]
=== Serre-tête à coquilles ===
=== Serre-tête à coquilles ===
[[Fichier:Serre tête.jpg|vignette|redresse|Serre-tête à coquille.]]

Le serre-tête à coquilles appelé également [[casque antibruit]] est composé de deux coquilles qui recouvrent totalement l’oreille, reliées entre elles par un arceau central ajustable en métal ou en plastique qui passe sur le dessus de la tête pour assurer le maintien et appliquer une pression. Les deux coquilles contiennent de la mousse ou un liquide et sont recouvertes d’un revêtement en plastique souple pour la partie en contact avec l’oreille et d’une coque plastique rigide pour la partie externe. Certains systèmes avec coquilles sont montés directement sur des casques de sécurité. Il est réutilisable, mais il est conseillé de changer les coussinets sur les oreillettes tous les six mois<ref>{{en}} ''[http://www.moldex-europe.com/fileadmin/user_upload/documents/en/downloads/Hearing-TDS-Muffs-UK-080229.pdf Ear Muffs - Instruction for use]'', 2{{nb p.}}, {{p.}}2, {{nobr|§ 8}}.</ref> pour conserver une bonne étanchéité.
Le serre-tête à coquilles appelé également [[casque antibruit]] est composé de deux coquilles qui recouvrent totalement l’oreille, reliées entre elles par un arceau central ajustable en métal ou en plastique qui passe sur le dessus de la tête pour assurer le maintien et appliquer une pression. Les deux coquilles contiennent de la mousse ou un liquide et sont recouvertes d’un revêtement en plastique souple pour la partie en contact avec l’oreille et d’une coque plastique rigide pour la partie externe. Certains systèmes avec coquilles sont montés directement sur des casques de sécurité. Il est réutilisable, mais il est conseillé de changer les coussinets sur les oreillettes tous les six mois<ref>{{en}} ''[http://www.moldex-europe.com/fileadmin/user_upload/documents/en/downloads/Hearing-TDS-Muffs-UK-080229.pdf Ear Muffs - Instruction for use]'', 2{{nb p.}}, {{p.}}2, {{nobr|§ 8}}.</ref> pour conserver une bonne étanchéité.


Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE<ref name=EN352-1/> selon les modèles vont de {{unité|21|dB}} à {{unité|36|dB}} de SNR (''{{lang|en|signal to noise ratio}}'').
Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE<ref name=EN352-1/> selon les modèles vont de {{unité|21|dB}} à {{unité|36|dB}} de SNR (Single Number Rating).


=== Bouchon d'oreilles ===
=== Bouchon d'oreille ===
{{Article détaillé|Bouchon d'oreille}}
Élément que l’on introduit dans le conduit auditif qui peut être jetable ou réutilisable, standard ou sur mesure.


Le bouchon d'oreille est un élément qui est introduit dans le [[oreille externe|conduit auditif]] qui peut être jetable ou réutilisable, standard ou sur mesure. Il existe quatre types de bouchon : le bouchon standard à façonner, le bouchon standard préformé, le bouchon standard avec arceau, et le bouchon sur mesure.
[[File:Bouchon à façonner.jpg|thumb|upright=0.6|Bouchons à façonner.]]
==== Bouchon standard à façonner ====
À façonner par l’utilisateur, réalisé en matériaux compressibles (mousse, fibre…), il devra être mis en forme avant son introduction dans le conduit auditif. Après insertion, il se dilate pour fermer le conduit de manière étanche. Il est, en règle générale, à usage unique et sa mise en place doit être réalisée avec des mains propres<ref>Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail, « [http://www.cchst.ca/oshanswers/prevention/ppe/ear_prot.html Protecteurs auditifs - Que faut-il savoir sur l'ajustement des protecteurs auditifs ?] », 2012.</ref>{{,}}<ref>CNIDEP, « [http://www.cnidep.com/D331.pdf Protection contre le bruit dans l'artisanat - Les Protecteurs Individuels Contre le Bruit (PICB)] », 2007, 6{{nb p.}}, {{p.}}4.</ref>.

Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE<ref name=EN352-2/> selon les modèles vont de {{unité|21|dB}} à {{unité|37|dB}} de SNR.

[[File:Bouchon d'oreille préformé.jpg|thumb|upright=0.6|Bouchons préformés.]]
==== Bouchon standard préformé ====
Disponible en deux ou trois tailles pour mieux s’adapter à la morphologie des conduits auditifs, il est réalisé en silicone, en caoutchouc… Il peut être inséré dans le conduit auditif sans mise en forme préalable. Il est réutilisable et de ce fait devra être nettoyé régulièrement.

Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE<ref name=EN352-2/> selon les modèles vont de {{unité|15|dB}} à {{unité|35|dB}} de SNR.
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[[File:Bouchon arceau.jpg|thumb|upright=0.6|Bouchons avec arceau.]]
==== Bouchon standard avec arceau ====
De type à façonner ou préformé, sa particularité est de relier les deux bouchons par un arceau en matière plastique à placer sous le menton ou derrière la tête ; cet arceau a pour objectif de presser les bouchons dans l’oreille. Son utilisation est en général réservée aux usages intermittents et de courtes durées<ref>3M, ''Le risque auditif, Nuisance sonore au travail : prévention et sécurité'', 2009, 2{{nb p.}}, {{p.}}2.</ref>.

Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE<ref name=EN352-2/> selon les modèles vont de {{unité|21|dB}} à {{unité|27|dB}} de SNR.
[[Fichier:Qeos-Green.png|vignette|Bouchons sur mesure.]]

==== Bouchon sur mesure ====
Réalisé à partir d’une empreinte d’oreille du futur utilisateur, il est fabriqué en silicone (souple) ou en résine acrylate (dure). La majorité de ces protecteurs est équipée de filtres acoustiques passifs qui permettent d’offrir un niveau d’affaiblissement adapté à l'utilisateur et à son exposition sonore. La spécificité du "sur mesure" engendre un investissement plus important mais également un confort<ref name=Meunier>Xavier Meunier, ''[http://www.ens-louis-lumiere.fr/fileadmin/recherche/Meunier-son2005-mem.pdf Réalisation d’un prototype de protection auditive de l’ingénieur du son]'', Mémoire de fin d'étude, École nationale supérieure Louis-Lumière, 2005, 76{{nb p.}}, {{p.}}28.</ref> optimal. Il est réutilisable et de ce fait devra être nettoyé régulièrement.

Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE<ref name=EN352-2/> selon les modèles vont de {{unité|15|dB}} à {{unité|33|dB}} de SNR.


== Fonctionnement ==
== Fonctionnement ==
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=== Affaiblissement passif ===
=== Affaiblissement passif ===
Cette catégorie regroupe la majorité des protecteurs utilisés, l’affaiblissement dépend essentiellement de leur conception, des matériaux utilisés et de leur capacité à « fermer » l'oreille ou le conduit auditif de manière étanche. Certains modèles essentiellement sur mesure permettent d'adapter le niveau d'affaiblissement au besoin du porteur à l'aide de filtres passifs.
Cette catégorie regroupe la majorité des protecteurs utilisés, l’affaiblissement dépend essentiellement de leur conception, des matériaux utilisés et de leur capacité à « fermer » l'oreille ou le conduit auditif de manière étanche. Certains modèles essentiellement sur mesure permettent d'adapter le niveau d'affaiblissement au besoin du porteur à l'aide de filtres passifs.

=== Moniteurs intra-auriculaire ===
L’objectif des moniteurs intra-auriculaires est de faciliter l’écoute des artistes sur scène malgré la présence de diverses sources sonores telles que le bruit de la foule et les haut-parleurs sur la scène. Les moniteurs intra-auriculaires facilitent l’écoute de leur propre voix et leur instrument. L'intensité sonore générée par les haut-parleurs est souvent très élevée, exposant ainsi les artistes à des niveaux de bruit potentiellement dangereux. Pour pallier cela, les moniteurs intra-auriculaires sont privilégiés pour le renforcement sonore. En effet, ces écouteurs transmettent directement au musicien tout ce qu'il souhaite entendre, grâce à une gamme d'équipements dédiés. Des microphones sont positionnés devant les amplificateurs et les instruments pour capter le son. Ensuite, le signal est acheminé vers une table de mixage où les préférences sonores individuelles de chaque artiste sont ajustées. Une fois le signal traité, il est transmis à l'amplificateur du musicien, soit par un émetteur câblé ou sans fil, pour finalement être diffusé par les moniteurs intra-auriculaires. De plus, les bouchons d'oreilles moulés sur mesure permettent aux musiciens de contrôler précisément le mixage et le volume de leur propre voix et de leur instrument. Cette approche leur offre la possibilité d'équilibrer efficacement ces niveaux sonores par rapport au reste des musiciens, assurant ainsi un meilleur confort auditif et une protection contre les dommages auditifs potentiels<ref name=":0">{{Article|langue=Anglais|auteur1=Jacqueline Patel|titre=Musicians’ hearing protection|périodique=Health and Safety Executive|pages=7-8|date=2008|accès url=libre}}</ref>..


[[File:Bouchon Music.jpg|thumb|upright=0.6|Bouchons sur mesure équipés d'écouteurs pour la musique.]]
=== Avec électronique ===
=== Avec électronique ===
[[Fichier:Bouchon Music.jpg|vignette|Bouchons sur mesure équipés d'écouteurs pour la musique.]]
Ils peuvent apporter un affaiblissement plus ou moins important selon le niveau sonore. Il pourra s'agir de protecteurs à atténuation dépendante du niveau de bruit (''{{lang|en|level dependent}}'')<ref name=Damongeot >A. Damongeot, « Les protecteurs individuels contre le bruit (PICB) : performances, choix, utilisation », ''Acoustique et Techniques'', {{n°}}12, 31{{nb p.}}, {{p.}}27.</ref>, ces systèmes restituant le son extérieur, en l’amplifiant quand il est faible et en le compressant quand il est fort. La restitution cesse dès que les son extérieur dépasse un certain seuil (82dB(A) pour un bruit rose). D’autres protecteurs avec électronique traitent le signal et le restituent sous le ptotecteur selon la technologie dite « ANR »<ref>Technofirst, [http://www.technofirst.com/plaquettes/NoiseMaster.pdf Présentation de la technologie ANR].</ref>{{,}}<ref>G. Malmanche, R. Parmentier, B. Rives, « [http://eac2006.canalblog.com/docs/controle_actif.pdf L'antibruit actif] », 2005, 15{{nb p.}}, {{p.}}9.</ref>{{,}}<ref>Rémi Langlet, « [http://www.01net.com/editorial/501237/casques-antibruit-la-high-tech-au-service-du-silence/ Casques antibruit : la high-tech au service du silence] », 01Net, 2009.</ref> (''{{lang|en|Active Noise Reduction}}'') qui permet, grâce à l'envoi d'un signal en opposition de phase, d'annuler une partie du son indésirable, augmentant sensiblement l’affaiblissement sur les basses fréquences notamment. Enfin, certaines protections auditives peuvent être équipées de systèmes de communication ou de divertissement.Un bon exemple est [https://rapidfiresupplies.co.uk/ear-plugs-dispensers/isotunes-lite-en352-bluetooth ISOTUNES LITE EN352] - Bouchons d'oreille compatibles Bluetooth ou [https://rapidfiresupplies.co.uk/ear-defenders/isotunes-link-en352-ear-defenders-bluetooth-enabled ISOTUNES LINK EN352] - Casque antibruit - Bluetooth activé.

Ils peuvent apporter un affaiblissement plus ou moins important selon le niveau sonore. Il pourra s'agir de protecteurs à atténuation dépendante du niveau de bruit (''{{lang|en|level dependent}}'')<ref name=Damongeot >A. Damongeot, « Les protecteurs individuels contre le bruit (PICB) : performances, choix, utilisation », ''Acoustique et Techniques'', {{n°}}12, 31{{nb p.}}, {{p.}}27.</ref>, ces systèmes restituant le son extérieur, en l’amplifiant quand il est faible et en le compressant quand il est fort. La restitution cesse dès que les son extérieur dépasse un certain seuil (82dB(A) pour un bruit rose). D’autres protecteurs avec électronique traitent le signal et le restituent sous le ptotecteur selon la technologie dite « ANR »<ref>Technofirst, [http://www.technofirst.com/plaquettes/NoiseMaster.pdf Présentation de la technologie ANR].</ref>{{,}}<ref>G. Malmanche, R. Parmentier, B. Rives, « [http://eac2006.canalblog.com/docs/controle_actif.pdf L'antibruit actif] », 2005, 15{{nb p.}}, {{p.}}9.</ref>{{,}}<ref>Rémi Langlet, « [http://www.01net.com/editorial/501237/casques-antibruit-la-high-tech-au-service-du-silence/ Casques antibruit : la high-tech au service du silence] », 01Net, 2009.</ref> (''{{lang|en|Active Noise Reduction}}'') qui permet, grâce à l'envoi d'un signal en opposition de phase, d'annuler une partie du son indésirable, augmentant sensiblement l’affaiblissement sur les basses fréquences notamment. Enfin, certaines protections auditives peuvent être équipées de systèmes de communication ou de divertissement.


=== Plages d'affaiblissement ===
=== Plages d'affaiblissement ===
[[File:Система производственного контроля эффективности СИЗ органа слуха.jpg|thumb|upright=0.6|300px|Mesure de l'atténuation du bruit<ref>Jérémie Voix, Pegeen Smith, Elliott Berger. [https://online-ams.aiha.org/amsssa/ecssashop.show_product_detail?p_mode=detail&p_product_serno=2720 Chapter 12. Field Fit-Testing and Attenuation-Estimation Procedures]. In: The Noise Manual. D.K. Meinke, E.H. Berger, R. Neitzel, D.P. Driscoll & K. Bright eds. 6th ed. Falls Church: American Industrial Hygiene Association, 2020. 621 p</ref>]]
[[Fichier:Система производственного контроля эффективности СИЗ органа слуха.jpg|vignette|Mesure de l'atténuation du bruit ({{lang|en|Hearing protection fit-testing}})<ref>{{article |langue=en |nom1=Lee |prénom1=Kah Heng|nom2=Benke |prénom2=Geza |nom3=Mckenzie |prénom3=Dean |lire en ligne=https://www.researchsquare.com/article/rs-807643/v1 |titre=The efficacy of earplugs at a major hazard facility|périodique=Physical and Engineering Sciences in Medicine |éditeur=Springler |date=2022 |volume=45 |numéro=1 |passage=107—114 |ISSN=2662-4729|doi=10.1002/ajim.22323 |PMID=35023076}}</ref>{{,}}<ref name="AIHA-6-12">{{Ouvrage |prénom1= Jérémie|nom1=Voix |prénom2= Pegeen |nom2=Smith |prénom3=Elliott H. |nom3=Berger|éditeur=American Industrial Hygiene Association |titre=The Noise Manual (éditeurs D.K. Meinke, E.H. Berger, R. Neitzel, D.P. Driscoll, K. Bright)|année= 2018 |lieu= Falls Church, Virginia |passage=309-329 |numéro d'édition=6th |lire en ligne= https://online-ams.aiha.org/amsssa/ecssashop.show_product_detail?p_mode=detail&p_product_serno=2720 |consulté le=2023-02-24 |langue=en |chapitre=Chapter 12. Field Fit-Testing and Attenuation-Estimation Procedures|isbn =978-1-950286-07-2|pages totales=621|format=pdf}}</ref>.]]
[[Fichier:Graphique des valeurs affaiblissements d'un protecteur individuel contre le bruit avec les minima requis par la norme EN352.png|vignette|Graphique des valeurs d'affaiblissements d'un protecteur individuel contre le bruit avec les minima requis par la norme EN352.]]
[[Fichier:Plages d'affaiblissements des différents modèles de PICB selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.PNG|vignette|Plages d'affaiblissements des différents modèles de PICB selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.]]

Chaque protecteur est testé et certifié par un laboratoire spécialisé et reconnu, les spécifications lui permettant d'obtenir le label CE sont décrites dans la norme EN352. À chaque protecteur correspond une valeur d'affaiblissement exprimée sous la forme de [[#SNR|SNR]].
Chaque protecteur est testé et certifié par un laboratoire spécialisé et reconnu, les spécifications lui permettant d'obtenir le label CE sont décrites dans la norme EN352. À chaque protecteur correspond une valeur d'affaiblissement exprimée sous la forme de [[#SNR|SNR]].
Les affaiblissements vont de {{unité|15|dB}} à {{unité|37|dB}} de [[#SNR|SNR]]. Les valeurs d’affaiblissement d'un protecteur peuvent varier selon son type et ses caractéristiques.
Les affaiblissements vont de {{unité|15|dB}} à {{unité|37|dB}} de [[#SNR|SNR]]. Les valeurs d’affaiblissement d'un protecteur peuvent varier selon son type et ses caractéristiques.

[[File:Affaiblissement protecteur individuel contre le bruit 2.PNG|Affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit.]]


Exemple d'un tableau d'affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit présenté selon la norme EN352<ref name=EN352-1/>{{,}}<ref name=EN352-2/>{{,}}<ref name=EN352-3/>{{,}}<ref name=EN352-4/>
Exemple d'un tableau d'affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit présenté selon la norme EN352<ref name=EN352-1/>{{,}}<ref name=EN352-2/>{{,}}<ref name=EN352-3/>{{,}}<ref name=EN352-4/>

[[File:Graphique des valeurs affaiblissements d'un protecteur individuel contre le bruit avec les minima requis par la norme EN352.png|thumb|Graphique des valeurs d'affaiblissements d'un protecteur individuel contre le bruit avec les minima requis par la norme EN352.]]


Le tableau ci-dessus est un exemple des données d'affaiblissement affichées par le fabricant de protections auditives.Ces données proviennent des résultats de la certification du protecteur réalisée par l'organisme certificateur agréé.
Le tableau ci-dessus est un exemple des données d'affaiblissement affichées par le fabricant de protections auditives.Ces données proviennent des résultats de la certification du protecteur réalisée par l'organisme certificateur agréé.
Ligne 91 : Ligne 64 :
# La sixième ligne donne les affaiblissements moyens pour le protecteur (voir [[#Définitions|définitions du SNR et du HML]]).
# La sixième ligne donne les affaiblissements moyens pour le protecteur (voir [[#Définitions|définitions du SNR et du HML]]).


Mais le SNR (NRR) mesuré en laboratoire ne donne aucune indication sur l'atténuation du bruit d'un travailleur particulier<ref name="EN-2021">{{ouvrage|nom1=Comité technique CEN/TC 159 "Protecteurs auditifs" |titre=EN 17479-2021. Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives au choix des méthodes individuelles de contrôle de l'ajustement |date=17-11-2021 |éditeur=Comité Européen de Normalisation |lieu=Brussels |isbn=978 0 539 04746 2 |pages=46 }} [https://www.en-standard.eu/bs-en-17479-2021-hearing-protectors-guidance-on-selection-of-individual-fit-testing-methods/ link]</ref>{{,}}<ref name="ANSI-2018">{{Ouvrage |prénom1=Elliott H. |nom1=Berger et. al|éditeur=American National Standard Institute |titre=ANSI/ASA S12.71-2018. Performance Criteria for Systems that Estimate the Attenuation of Passive Hearing Protectors for Individual Users |année= 2018 |lieu= Melville, New York |lire en ligne= https://webstore.ansi.org/standards/asa/ansiasas12712018|consulté le=2023-03-15 |langue=en |pages totales=54}}</ref>. Dans la pratique, une grande partie des travailleurs ont une atténuation du bruit proche de zéro<ref>Edwards R.G., Hauser W.P., Moiseev N.A., Broderson A.B., Green W.W., Lempert B.L (1979). [https://ntrl.ntis.gov/NTRL/dashboard/searchResults/titleDetail/PB299319.xhtml A field investigation of noise reduction afforded by insert-type hearing protectors]. Springfield, Virginia: National Institute for Occupational Health and Safety. p. 54. Retrieved 6 January 2023.</ref>{{,}}<ref>Barry L. Lempert & Richard G. Edwards (1983). [https://doi.org/10.1080%2F15298668391405913 "Field Investigations of Noise Reduction Afforded by Insert-Type Hearing Protectors"]. American Industrial Hygiene Association Journal. Akron, Ohio: Taylor & Francis. 44 (12): 894–902. doi:10.1080/15298668391405913. {{ISSN|1529-8663}}. {{PMID|6660189}}</ref>{{,}}<ref>OSHA (July 6, 2022). "OSHA Technical Manual (OTM) Section III: [https://www.osha.gov/otm/section-3-health-hazards/chapter-5 Chapter 5. Noise]". www.osha.gov. US Occupational Safety and Health Administration. Retrieved 18 January 2023. "... L'OSHA a recommandé ce test de protection individuelle comme une meilleure pratique et un outil de formation précieux qui peut aider à former le travailleur à obtenir une protection optimale."</ref>{{,}}<ref>Kah Heng Lee; Geza Benke; Dean Mckenzie (2022). [https://www.researchsquare.com/article/rs-807643/v1 "The efficacy of earplugs at a major hazard facility"]. Physical and Engineering Sciences in Medicine. Springler. 45 (1): 107–114. doi:10.1007/s13246-021-01087-y. {{ISSN|2662-4729}}. {{PMID|35023076}}</ref>.
[[File:Plages d'affaiblissements des différents modèles de PICB selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.PNG|thumb|upright=2.4|Plages d'affaiblissements des différents modèles de PICB selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.]]

[[Fichier:Affaiblissement protecteur individuel contre le bruit 2.PNG|center|Affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit.]]


=== Double protection ===
=== Double protection ===
Les affaiblissements les plus élevés pour une protection auditive contre le bruit dépassent rarement les {{unité|35|dB}}. Il est possible d'aller au-delà de cette limite en utilisant une double protection (bouchon + serre-tête). L’atténuation d’une double protection est très inférieure à la somme algébrique des atténuations du bouchon et du serre-tête. Ce phénomène peut être expliqué par le couplage mécanique entre le bouchon et le serre-tête via les tissus humains, la vibration de la paroi du conduit auditif ou la conduction osseuse de la tête et du corps directement aux oreilles moyenne et interne <ref>Berger, E. H.; Kieper, R. W.; Gauger, D. (2003). “Hearing protection: surpassing the limits to attenuation imposed by the bone-conduction pathways”. The Journal of the Acoustical Society of America. 114 (4): 1955–1967. doi: 10.1121/1.1605415. {{PMID|14587596}}</ref>{{,}}<ref>Luan, Y.; Doutres, O.; Nélisse, H.; Sgard, F. (2021). “Experimental study of earplug noise reduction of a double hearing protector on an acoustic test fixture”. Applied Acoustics. 176: 107856. doi: 10.1016/j.apacoust.2020.107856</ref>.
Les affaiblissements les plus élevés pour une protection auditive contre le bruit dépassent rarement les {{unité|35|dB}}. Il est possible d'aller au-delà de cette limite en utilisant une double protection (bouchon + serre-tête). L’atténuation d’une double protection est très inférieure à la somme algébrique des atténuations du bouchon et du serre-tête. Ce phénomène peut être expliqué par le couplage mécanique entre le bouchon et le serre-tête via les tissus humains, la vibration de la paroi du conduit auditif ou la conduction osseuse de la tête et du corps directement aux oreilles moyenne et interne<ref>Berger, E. H.; Kieper, R. W.; Gauger, D. (2003). “Hearing protection: surpassing the limits to attenuation imposed by the bone-conduction pathways”. The Journal of the Acoustical Society of America. 114 (4): 1955–1967. doi: 10.1121/1.1605415. {{PMID|14587596}}</ref>{{,}}<ref>Luan, Y.; Doutres, O.; Nélisse, H.; Sgard, F. (2021). “Experimental study of earplug noise reduction of a double hearing protector on an acoustic test fixture”. Applied Acoustics. 176: 107856. doi: 10.1016/j.apacoust.2020.107856</ref>.


Un travail de recherche a proposé de cumuler les deux affaiblissements de façon logarithmique et non arithmétique à l’aide de la formulaire empirique suivante <ref>A. Damongeot, R. Lataye, A. Kusy, ''Affaiblissement acoustique apporté par une double protection de l'ouïe (serre-tête + bouchons d'oreille)'', 1990, 7{{nb p.}}, {{p.}}6.</ref> :
Un travail de recherche a proposé de cumuler les deux affaiblissements de façon logarithmique et non arithmétique à l’aide de la formulaire empirique suivante<ref>A. Damongeot, R. Lataye, A. Kusy, ''Affaiblissement acoustique apporté par une double protection de l'ouïe (serre-tête + bouchons d'oreille)'', 1990, 7{{nb p.}}, {{p.}}6.</ref> :


<math>33 \times Log((b \times 0{,}4) + (s \times 0{,}1))</math>
<math>33 \times Log((b \times 0{,}4) + (s \times 0{,}1))</math>


Ici, <math>b</math> correspond au SNR d'affaiblissement du bouchon et <math>s</math> à celui du serre-tête.
Ici, <math>b</math> correspond au SNR d'affaiblissement du bouchon et <math>s</math> à celui du serre-tête.
Pour donner un exemple d'une atténuation maximale (ce que certains rechercheront sans doute) : sachant que le maximum d'atténuation des protections actuelles est de l'ordre de {{unité|39|dB}} (SNR39), cela donne un maximum de {{unité|43.3|dB}} environ.
Pour donner un exemple d'une atténuation maximale (ce que certains rechercheront sans doute) : sachant que le maximum d'atténuation des protections actuelles est de l'ordre de {{unité|39|dB}} (SNR39), cela donne un maximum de {{unité|43.3|dB}} environ.
La norme canadienne suggère quant à elle d’ajouter {{unité|5|dB}} à l’indice de réduction du bruit (NRR) le plus élevé des deux protecteurs<ref>CSA Z94.2-14. (2014). Hearing protection devices: performance, selection, care and use. Standard. CSA Group</ref>.
La norme canadienne suggère quant à elle d’ajouter {{unité|5|dB}} à l’indice de réduction du bruit (NRR) le plus élevé des deux protecteurs<ref>CSA Z94.2-14. (2014). Hearing protection devices: performance, selection, care and use. Standard. CSA Group</ref>.
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La mise en place de certains protecteurs de type bouchons standards peut présenter des difficultés. Ils nécessitent une certaine prise en main et devraient systématiquement être mis à disposition accompagnés d'une formation à la mise en place. De plus certaines personnes ont un conduit auditif très coudé ou étroit ce qui rend difficile voire impossible le passage du premier coude et donc la mise en place d'un protecteur de type bouchon<ref>Pierre Roudier, ''La protection auditive lors de concerts de musique amplifiée'', Mémoire faculté de Pharmacie de Nancy, 2011, 78{{nb p.}}, {{p.}}27.</ref>.
La mise en place de certains protecteurs de type bouchons standards peut présenter des difficultés. Ils nécessitent une certaine prise en main et devraient systématiquement être mis à disposition accompagnés d'une formation à la mise en place. De plus certaines personnes ont un conduit auditif très coudé ou étroit ce qui rend difficile voire impossible le passage du premier coude et donc la mise en place d'un protecteur de type bouchon<ref>Pierre Roudier, ''La protection auditive lors de concerts de musique amplifiée'', Mémoire faculté de Pharmacie de Nancy, 2011, 78{{nb p.}}, {{p.}}27.</ref>.


== Utilisation ==
== Exposition au bruit ==
L’exposition au bruit peut avoir deux types d’effets sur la santé : auditif et non auditif. Un risque de perte auditive existe à partir d’une exposition à {{unité|80|dB(A)}} pendant huit heures par jour. Plus le niveau sonore est élevé, plus la durée d’exposition à partir de laquelle un risque existe diminue. Un salarié travaillant sur une machine et exposé à {{unité|86|dB(A)}} mettra en danger son audition s’il reste exposé pendant plus de deux heures par jour. Un spectateur lors d’un concert rock situé près des enceintes acoustiques qui diffusent en moyenne un niveau de {{unité|110|dB(A)}} sera lui en danger s’il y reste plus de vingt secondes sans se protéger.
=== Se protéger du bruit ===
Dans l'[[Union européenne]], 16 % des adultes souffrent de déficience auditive<ref>Rapport d'information - Mission d'information sur le bruit - Assemblée Nationale, 2011, 176{{nb p.}}, {{p.}}14.</ref>, ce qui représente plus de {{nobr|71 millions}} de personnes dont le niveau d'audition est diminué de plus de {{unité|25|dB}}, ce niveau étant défini comme déficience auditive selon la définition reconnue par l'[[Organisation mondiale de la santé]]. Les niveaux sonores élevés sont un réel danger pour l’oreille, petit à petit le bruit rend sourd, il est indispensable de s'en protéger.

==== Les risques du bruit ====
L’exposition au bruit peut avoir deux types d’effets sur la santé : auditif et non auditif.

Un risque de perte auditive existe à partir d’une exposition à {{unité|80|dB(A)}} pendant huit heures par jour. Plus le niveau sonore est élevé, plus la durée d’exposition à partir de laquelle un risque existe diminue.

Un salarié travaillant sur une machine et exposé à {{unité|86|dB(A)}} mettra en danger son audition s’il reste exposé pendant plus de deux heures par jour.

Un spectateur lors d’un concert rock situé près des enceintes acoustiques qui diffusent en moyenne un niveau de {{unité|110|dB(A)}} sera lui en danger s’il y reste plus de vingt secondes sans se protéger.


À chaque doublement du bruit, le niveau augmente de {{unité|3|dB}} (évolution logarithmique), la durée de l’exposition doit, elle, être divisée par deux pour éviter tout risque selon le tableau ci-dessous.
À chaque doublement du bruit, le niveau augmente de {{unité|3|dB}} (évolution logarithmique), la durée de l’exposition doit, elle, être divisée par deux pour éviter tout risque selon le tableau ci-dessous.
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L'exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l'oreille interne. Elle conduit progressivement à une [[surdité]], dite de perception, qui est irréversible. Dans ce cas, la chirurgie n'est d'aucun secours. L'appareillage par des [[Audioprothèse|prothèses]] électroniques se contente d'amplifier l'acuité résiduelle, il ne restitue pas la fonction auditive dans son ensemble.
L'exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l'oreille interne. Elle conduit progressivement à une [[surdité]], dite de perception, qui est irréversible. Dans ce cas, la chirurgie n'est d'aucun secours. L'appareillage par des [[Audioprothèse|prothèses]] électroniques se contente d'amplifier l'acuité résiduelle, il ne restitue pas la fonction auditive dans son ensemble.


===== Les risques « auditifs » =====
=== Risques auditifs ===
Les effets auditifs concernent la déficience auditive et peuvent se présenter sous les formes suivantes :
Les effets auditifs concernent la déficience auditive et peuvent se présenter sous les formes suivantes :
* l’[[acouphène]] : sifflement, bourdonnement de l’oreille ;
* l’[[acouphène]] : sifflement, bourdonnement de l’oreille ;
* l'[[hyperacousie]] : qui est une intolérance accompagnée de douleurs aux bruits de la vie quotidienne ;
* l'[[hyperacousie]] : qui est une intolérance accompagnée de douleurs aux bruits de la vie quotidienne ;
* le déficit auditif temporaire : résulte d’une exposition à un niveau sonore élevé, l’audition revient progressivement après l’exposition (plusieurs heures) ;
* le déficit auditif temporaire : résulte d’une exposition à un niveau sonore élevé, l’audition revient progressivement après l’exposition (plusieurs heures) ;
* le [[Surdité par traumatisme sonore|traumatisme acoustique]] : dommage auditif causé par un bruit violent et bref (explosion, coup de feu, pétards…) ;
* le [[perte d'audition due au bruit|traumatisme acoustique]] : dommage auditif causé par un bruit violent et bref (explosion, coup de feu, pétards…) ;
* le déficit auditif permanent<ref>Dr Paul Zylberberg, [http://www.journee-audition.org/pdf/guide-travail.pdf Le bruit au travail - Les guides d'information de la JNA].</ref> : typique d’une exposition journalière prolongée au bruit ({{nobr|8 heures}} à + de {{unité|80|dB(A)}}). La destruction progressive de l’audition qui se déroule sur des mois, des années, est insidieuse, elle ne se remarque que lorsqu’elle cause une gêne telle que le sujet et son entourage commencent à rencontrer des difficultés de communication. Les lésions subies sont alors irréversibles et définitives.
* le déficit auditif permanent<ref>Dr Paul Zylberberg, [http://www.journee-audition.org/pdf/guide-travail.pdf Le bruit au travail - Les guides d'information de la JNA].</ref> : typique d’une exposition journalière prolongée au bruit ({{nobr|8 heures}} à + de {{unité|80|dB(A)}}). La destruction progressive de l’audition qui se déroule sur des mois, des années, est insidieuse, elle ne se remarque que lorsqu’elle cause une gêne telle que le sujet et son entourage commencent à rencontrer des difficultés de communication. Les lésions subies sont alors irréversibles et définitives. Les lésions sont causées aux cellules ciliées externes<ref>{{Article|prénom1=Trung N.|nom1=Le|prénom2=Louise V.|nom2=Straatman|prénom3=Jane|nom3=Lea|prénom4=Brian|nom4=Westerberg|titre=Current insights in noise-induced hearing loss: a literature review of the underlying mechanism, pathophysiology, asymmetry, and management options|périodique=Journal of Otolaryngology - Head & Neck Surgery|volume=46|pages=41|date=2017-05-23|issn=1916-0208|pmid=28535812|pmcid=5442866|doi=10.1186/s40463-017-0219-x|lire en ligne=https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5442866/|consulté le=2024-03-01}}</ref> qui se retrouvent dans la cochlée qui est une structure du système auditif où les sons graves, moyens et aigus sont perçus.


===== Les risques « non-auditifs » =====
=== Risques non-auditifs ===
Les effets non-auditifs sont source : d’anxiété, de dépression, de stress, d’irritabilité voire d’agressivité, de perturbations du sommeil, d’insomnie, de fatigue, d’une baisse de la concentration, d’effets sur le système cardio-vasculaire, et d’une augmentation du risque d’accidents du travail.
Les effets non-auditifs sont source :
* d’anxiété, de dépression, de stress, d’irritabilité voire d’agressivité ;
* de perturbations du sommeil, d’insomnie ;
* de fatigue, d’une baisse de la concentration ;
* d’effets sur le système cardio-vasculaire ;
* d’une augmentation du risque d’accidents du travail.


== Utilisation ==
==== Protéger les salariés exposés au bruit ====
=== Protection anti-bruit ===
Dans l'[[Union européenne]], {{%|16}} des adultes souffrent de déficience auditive<ref>Rapport d'information - Mission d'information sur le bruit - Assemblée Nationale, 2011, 176{{nb p.}}, {{p.}}14.</ref>, ce qui représente plus de {{nobr|71 millions}} de personnes dont le niveau d'audition est diminué de plus de {{unité|25|dB}}, ce niveau étant défini comme déficience auditive selon la définition reconnue par l'[[Organisation mondiale de la santé]]. Les niveaux sonores élevés sont un réel danger pour l’oreille, petit à petit le bruit rend sourd, il est indispensable de s'en protéger.

=== Protection sur le lieu de travail ===
De nombreux actifs gênés par les nuisances sonores considèrent qu'elles ont des répercussions sur la santé, l'audition (53 % dans l'industrie, la construction) et le comportement : énervement, agressivité (75 % dans l'administration)<ref>Enquête JNA - Malkoff/Médéric - IPSOS sur « le bruit au travail », janvier 2008.</ref>.
De nombreux actifs gênés par les nuisances sonores considèrent qu'elles ont des répercussions sur la santé, l'audition (53 % dans l'industrie, la construction) et le comportement : énervement, agressivité (75 % dans l'administration)<ref>Enquête JNA - Malkoff/Médéric - IPSOS sur « le bruit au travail », janvier 2008.</ref>.


===== La réglementation =====
==== Réglementation ====
[[File:ProtectionObligatoireOuie.jpg|thumb|upright=0.2|Protections auditives contre le bruit obligatoires.]]
[[Fichier:ProtectionObligatoireOuie.jpg|vignette|Protections auditives contre le bruit obligatoires.]]

Depuis 1963, le bruit est reconnu comme cause de maladies professionnelles<ref>Tableau {{n°}}42 des maladies professionnelles relatif à la surdité provoquée par les bruits lésionnels.</ref>{{,}}<ref>Ministère du travail et de l'emploi, [http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Bruit-en-milieu-de-travail.html Travailler mieux - La santé et la sécurité au travail] .</ref>. En Europe, l’exposition des salariés au risque bruit est réglementée par la Directive européenne « bruit »<ref> [http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32003L0010:FR:HTML Directive 2003/10/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 février 2003. Concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l'exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit)].</ref> de 2003, transposée en droit français le 19 juillet 2006<ref>Journal officiel du décret 2006-892</ref> qui définit les valeurs d’exposition à partir desquelles il y a obligation de protéger les travailleurs exposés.
Depuis 1963, le bruit est reconnu comme cause de maladies professionnelles<ref>Tableau {{n°}}42 des maladies professionnelles relatif à la surdité provoquée par les bruits lésionnels.</ref>{{,}}<ref>Ministère du travail et de l'emploi, [http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Bruit-en-milieu-de-travail.html Travailler mieux - La santé et la sécurité au travail] .</ref>. En Europe, l’exposition des salariés au risque bruit est réglementée par la Directive européenne « bruit »<ref> [http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32003L0010:FR:HTML Directive 2003/10/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 février 2003. Concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l'exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit)].</ref> de 2003, transposée en droit français le 19 juillet 2006<ref>Journal officiel du décret 2006-892</ref> qui définit les valeurs d’exposition à partir desquelles il y a obligation de protéger les travailleurs exposés.
Lorsque le niveau d’exposition atteint {{unité|85|dB(A)}} sur une journée de {{nobr|8 heures}}, il y a obligation de protéger les salariés. À {{unité|80|dB(A)}}, l’employeur doit mettre à disposition des protecteurs contre le bruit. En aucun cas le niveau sonore résiduel à l’oreille ne doit dépasser les {{unité|87|dB(A)}} pour un salarié équipé de protecteurs, si ce cas se présentait, l'employeur devrait mettre en œuvre des mesures immédiates pour réduire le niveau sonore ou limiter la durée d'exposition du salarié.
Lorsque le niveau d’exposition atteint {{unité|85|dB(A)}} sur une journée de {{nobr|8 heures}}, il y a obligation de protéger les salariés. À {{unité|80|dB(A)}}, l’employeur doit mettre à disposition des protecteurs contre le bruit. En aucun cas le niveau sonore résiduel à l’oreille ne doit dépasser les {{unité|87|dB(A)}} pour un salarié équipé de protecteurs, si ce cas se présentait, l'employeur devrait mettre en œuvre des mesures immédiates pour réduire le niveau sonore ou limiter la durée d'exposition du salarié.
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|+ <small>''Niveau d'exposition sonore déclenchant les actions selon la Directive 2003/10/CE''</small>
|+ <small>''Niveau d'exposition sonore déclenchant les actions selon la Directive 2003/10/CE''</small>
|-
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! !! Lex<sub>8h</sub> en dB(A) <ref group="n"> Dose de bruit journalière reçue en [[Décibel|décibels]] pondérés "[[#Les pondérations (A) et (C)|A]]", appelée également exposition quotidienne''</ref>!! P<sub>pc</sub> en dB(C) <ref group="n">Pression acoustique de crête en [[Décibel|décibels]] pondérés "[[#Les pondérations (A) et (C)|C]]", identifie les niveaux impulsionnels du bruit</ref>
! !! Lex<sub>8h</sub> en dB(A) <ref group="n"> Dose de bruit journalière reçue en [[Décibel|décibels]] pondérés "[[#Les pondérations (A) et (C)|A]]", appelée également ''exposition quotidienne''</ref>!! P<sub>pc</sub> en dB(C) <ref group="n">Pression acoustique de crête en [[Décibel|décibels]] pondérés "[[#Les pondérations (A) et (C)|C]]", identifie les niveaux impulsionnels du bruit</ref>
|-
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| Valeur d'exposition inférieure déclenchant l'action ||
| Valeur d'exposition inférieure déclenchant l'action ||
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==== Taux de port ====
; Notes :
[[Fichier:Taux de port du protecteur contre le bruit B.PNG|vignette|Perte d'efficacité du protecteur selon le taux de port<ref name=EN458p15/>{{,}}<ref>{{pdf}} Gwenolé Nexer, « [http://www.hearingprotech.com/pdf/Etude-Choisir-un-PICB_V1-03.pdf Choisir un protecteur individuel contre le bruit] », HearingProTech, 2011, 39{{nb p.}}, {{p.}}33.</ref>.]]
<references group="n"/>


Un élément important pour une bonne efficacité de la protection individuelle contre le bruit est la notion de taux de port. Le meilleur protecteur contre le bruit est celui qui est porté, mais pour être réellement efficace, celui-ci doit être porté de façon ininterrompue lors de l’exposition au bruit dont les niveaux sont nocifs.
===== Le taux de port =====
Les bonnes conditions pour un taux de port à 100 % : une protection confortable, un affaiblissement adapté ni trop, ni trop peu, une sensibilisation du salarié au risque du bruit sur son organisme, et une formation du salarié à la mise en place des protecteurs.
[[File:Taux de port du protecteur contre le bruit B.PNG|thumb|upright=1.4|Perte d'efficacité du protecteur selon le taux de port<ref name=EN458p15/>{{,}}<ref>Gwenolé Nexer, « [http://www.hearingprotech.com/pdf/Etude-Choisir-un-PICB_V1-03.pdf Choisir un protecteur individuel contre le bruit] », HearingProTech, 2011, 39{{nb p.}}, {{p.}}33.</ref>.]]
Un élément important pour une bonne efficacité de la protection individuelle contre le bruit est la notion de taux de port. Le meilleur protecteur contre le bruit est celui qui est porté, mais pour être réellement efficace, celui-ci doit être porté de façon ininterrompue lors de l’exposition au bruit dont les niveaux sont nocifs.
Les bonnes conditions pour un taux de port à 100 % :
# une protection confortable ;
# un affaiblissement adapté ni trop, ni trop peu ;
# une sensibilisation du salarié au risque du bruit sur son organisme ;
# une formation du salarié à la mise en place des protecteurs.


Le graphique ci-contre<ref name=EN458p15>Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien, AFNOR, 2005, 42{{nb p.}}, {{p.}}15.</ref> montre trois protecteurs avec des affaiblissements différents. Nous voyons que la protection effective diminue très rapidement lorsque le protecteur n’est pas porté en permanence. Deux minutes de non-port sur une durée de {{nobr|8 heures}} diminuent l'efficacité du protecteur de 25 %. Deux heures de non-port (sur 8 heures) correspondent à une perte d'efficacité du protecteur de 75 %.
Le graphique ci-contre<ref name=EN458p15>Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien, AFNOR, 2005, 42{{nb p.}}, {{p.}}15.</ref> montre trois protecteurs avec des affaiblissements différents. Nous voyons que la protection effective diminue très rapidement lorsque le protecteur n’est pas porté en permanence. Deux minutes de non-port sur une durée de {{nobr|8 heures}} diminuent l'efficacité du protecteur de {{%|25}}. Deux heures de non-port (sur 8 heures) correspondent à une perte d'efficacité du protecteur de {{%|75}}.


La revue de la [[littérature]] a démontré que les professionnels de la [[musique]] (musiciens, [[producteur de musique|producteurs de musique]], compsoiteurs...) sont réticents face au port de protection auditive, mais cependant bien conscient des risques que leur exposition sonore engendre. Leur réticence vient d’abord du fait qu’ils ne pensent pas pouvoir discriminer les subtilités entre les notes qu’ils produisent, sur quoi reposent leur art. Ensuite, du fait qu’il est plus difficile de discriminer leur instrument de ceux aux alentours lors du port de bouchons. Le port de protection ne serait que très peu réglementée dans le milieu et peu fréquent, surtout lors des répétitions solo<ref name=":0" />.
===== Le niveau d’affaiblissement =====

==== Niveau d’affaiblissement ====
Lors du choix d’un protecteur contre le bruit, il est important de sélectionner un affaiblissement adapté. Pendant de nombreuses années, la croyance selon laquelle plus un protecteur avait un niveau d’affaiblissement élevé meilleur il était, est totalement erronée. L’objectif est de réduire suffisamment le niveau perçu à l’oreille pour éviter d’endommager l’audition, mais sans pour autant totalement isoler son porteur, on parle alors de surprotection. D'après les relevés de la SUVA<ref>[http://www.suva.ch/fr/startseite-suva.htm SUVA], Tableaux des niveaux sonores (2010).</ref> sur les travailleurs suisses, seuls 1,2 % des métiers sont exposés à des niveaux sonores supérieurs à {{unité|95dB(A)}} pendant {{nobr|8 heures}}. La norme EN458 indique les plages idéales de niveau résiduel à l’oreille. La [http://www.hearingprotech.com/fr/outils/methode-sapan.html Méthode SAPAN], basée sur cette norme, offre une règle de calcul ainsi que des outils pour obtenir le niveau d’affaiblissement le mieux adapté à la situation de chacun.
Lors du choix d’un protecteur contre le bruit, il est important de sélectionner un affaiblissement adapté. Pendant de nombreuses années, la croyance selon laquelle plus un protecteur avait un niveau d’affaiblissement élevé meilleur il était, est totalement erronée. L’objectif est de réduire suffisamment le niveau perçu à l’oreille pour éviter d’endommager l’audition, mais sans pour autant totalement isoler son porteur, on parle alors de surprotection. D'après les relevés de la SUVA<ref>[http://www.suva.ch/fr/startseite-suva.htm SUVA], Tableaux des niveaux sonores (2010).</ref> sur les travailleurs suisses, seuls 1,2 % des métiers sont exposés à des niveaux sonores supérieurs à {{unité|95dB(A)}} pendant {{nobr|8 heures}}. La norme EN458 indique les plages idéales de niveau résiduel à l’oreille. La [http://www.hearingprotech.com/fr/outils/methode-sapan.html Méthode SAPAN], basée sur cette norme, offre une règle de calcul ainsi que des outils pour obtenir le niveau d’affaiblissement le mieux adapté à la situation de chacun.


===== Application d’une décote sur l’affaiblissement =====
De nombreuses études<ref name=KUSY>Alain Kusy, « [http://www.hst.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/HST_ND%202334/$File/ND2334.pdf Affaiblissement acoustique in situ des protecteurs individuels contre le bruit – étude bibliographique] », INRS, 2008, 59{{nb p.}}</ref> ont démontré que les niveaux d’affaiblissement annoncés par les fabricants sont très souvent supérieurs à ceux réellement constatés lors de mesures sur les utilisateurs de protections auditives contre le bruit. Ces écarts<ref name=KUSY/> proviennent d’une part des mesures réalisées en laboratoire en conditions idéales, et d’autre part des utilisateurs qui, du fait d’un manque de formation, de morphologie différente, de conditions de travail ou de protecteurs usagés, ne reproduisent pas les mêmes résultats. Les décotes<ref>[http://www.inrs.fr/accueil/produits/mediatheque/doc/publications.html?refINRS=ED%20133 Application de la réglementation sur le bruit et usage de protecteurs individuels contre le bruit] - Recommandations de l'INRS, 2008, 4{{nb p.}}, {{p.}}3.</ref> à appliquer à l’affaiblissement affiché par les fabricants peuvent aller de 5 dB pour un protecteur pour lequel une formation aura été dispensée à l’utilisateur, à 15 dB pour un bouchon standard délivré sans aucune formation.
De nombreuses études<ref name=KUSY>Alain Kusy, « [http://www.hst.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/HST_ND%202334/$File/ND2334.pdf Affaiblissement acoustique in situ des protecteurs individuels contre le bruit – étude bibliographique] », INRS, 2008, 59{{nb p.}}</ref> ont démontré que les niveaux d’affaiblissement annoncés par les fabricants sont très souvent supérieurs à ceux réellement constatés lors de mesures sur les utilisateurs de protections auditives contre le bruit. Ces écarts<ref name=KUSY/> proviennent d’une part des mesures réalisées en laboratoire en conditions idéales, et d’autre part des utilisateurs qui, du fait d’un manque de formation, de morphologie différente, de conditions de travail ou de protecteurs usagés, ne reproduisent pas les mêmes résultats. Les décotes<ref>[http://www.inrs.fr/accueil/produits/mediatheque/doc/publications.html?refINRS=ED%20133 Application de la réglementation sur le bruit et usage de protecteurs individuels contre le bruit] - Recommandations de l'INRS, 2008, 4{{nb p.}}, {{p.}}3.</ref> à appliquer à l’affaiblissement affiché par les fabricants peuvent aller de 5 dB pour un protecteur pour lequel une formation aura été dispensée à l’utilisateur, à 15 dB pour un bouchon standard délivré sans aucune formation.


==== Protéger sans distorsion du son ====
=== Protection sans distorsion sonore ===
[[File:Affaiblissemenent classique et uniforme - protecteur auditif contre le bruit.PNG|thumb|upright=1.6|Comparaison d'un affaiblissement classique et uniforme sur l'ensemble des fréquences<ref>Gwenolé Nexer, « [http://www.hearingprotech.com/pdf/Etude-Choisir-un-PICB-affaiblissement-a-reponse-uniforme_V1-02.pdf Choisir un protecteur individuel contre le bruit à affaiblissement à réponse uniforme] », HearingProTech, 2011, 21{{nb p.}}, {{p.}}8.</ref>.]]
[[Fichier:Affaiblissemenent classique et uniforme - protecteur auditif contre le bruit.PNG|vignette|Comparaison d'un affaiblissement classique et uniforme sur l'ensemble des fréquences<ref>Gwenolé Nexer, « [http://www.hearingprotech.com/pdf/Etude-Choisir-un-PICB-affaiblissement-a-reponse-uniforme_V1-02.pdf Choisir un protecteur individuel contre le bruit à affaiblissement à réponse uniforme] », HearingProTech, 2011, 21{{nb p.}}, {{p.}}8.</ref>.]]
[[Fichier:Plage d'affaiblissement idéale pour la communication.PNG|vignette|Plage d'affaiblissement idéale pour la communication.]]
Certains métiers ou activités nécessitent de se protéger d’un niveau sonore trop élevé sans dénaturer le son. C’est le cas des musiciens, ingénieurs du son, de personnes désireuses de se protéger tout en continuant à communiquer avec leur entourage...


La majeure partie des protecteurs du marché, en obturant le conduit auditif, perturbe la restitution fréquentielle. Les basses fréquences sont peu atténuées, alors que les hautes fréquences sont très affaiblies. Ces écarts entraînent une restitution sonore assez éloignée de la réalité et engendrent des difficultés à communiquer dans un environnement bruyant<ref name=Damongeot/>{{,}}<ref>{{en}} J. G. Casali, PhD CPE and G. S. Robinson, ''Issues Relating to Speech Communications in Noise, The Newsletter of the Council for Accreditation in Occupational Hearing Conservation'', 2001, 12{{nb p.}}, {{p.}}10.</ref>, ainsi qu'un risque de non-perception de signaux sonores d’avertissement ou de danger pouvant également constituer un risque d’accident pour le salarié ou d’incident dans la réalisation de son travail<ref name=Damongeot/>.
Certains métiers ou activités nécessitent de se protéger d’un niveau sonore trop élevé sans dénaturer le son. C’est le cas des musiciens, ingénieurs du son, de personnes désireuses de se protéger tout en continuant à communiquer avec leur entourage. La majeure partie des protecteurs du marché, en obturant le conduit auditif, perturbe la restitution fréquentielle. Les basses fréquences sont peu atténuées, alors que les hautes fréquences sont très affaiblies. Ces écarts entraînent une restitution sonore assez éloignée de la réalité et engendrent des difficultés à communiquer dans un environnement bruyant<ref name=Damongeot/>{{,}}<ref>{{en}} J. G. Casali, PhD CPE and G. S. Robinson, ''Issues Relating to Speech Communications in Noise, The Newsletter of the Council for Accreditation in Occupational Hearing Conservation'', 2001, 12{{nb p.}}, {{p.}}10.</ref>, ainsi qu'un risque de non-perception de signaux sonores d’avertissement ou de danger pouvant également constituer un risque d’accident pour le salarié ou d’incident dans la réalisation de son travail<ref name=Damongeot/>.
[[File:Plage d'affaiblissement idéale pour la communication.PNG|thumb|upright=1.6|Plage d'affaiblissement idéale pour la communication.]]


La [[Hrtf|fonction de transfert du conduit auditif]] externe présente une résonance autour de {{unité|3200|Hz}}, notre oreille a donc la particularité d’amplifier naturellement les fréquences aiguës, ce phénomène est dû à notre oreille externe en forme de cornet qui amplifie les bruits aigus de 10 à {{unité|15|dB}} en moyenne. Lorsque l’on supprime cette résonance (amplification naturelle) en obturant le conduit, cette résonance disparaît, nous perdons la perception d’une partie des fréquences aiguës que nous avons l’habitude d’entendre.
La [[Hrtf|fonction de transfert du conduit auditif]] externe présente une résonance autour de {{unité|3200|Hz}}, notre oreille a donc la particularité d’amplifier naturellement les fréquences aiguës, ce phénomène est dû à notre oreille externe en forme de cornet qui amplifie les bruits aigus de 10 à {{unité|15|dB}} en moyenne. Lorsque l’on supprime cette résonance (amplification naturelle) en obturant le conduit, cette résonance disparaît, nous perdons la perception d’une partie des fréquences aiguës que nous avons l’habitude d’entendre. Ce phénomène bien connu des acousticiens sous la dénomination « perte d'insertion » (''{{lang|en|insertion loss}}'') doit être compensé, faute de quoi le signal arrivant au tympan n’est pas fidèle à l’original<ref name=Meunier>Xavier Meunier, ''[http://www.ens-louis-lumiere.fr/fileadmin/recherche/Meunier-son2005-mem.pdf Réalisation d’un prototype de protection auditive de l’ingénieur du son]'', Mémoire de fin d'étude, École nationale supérieure Louis-Lumière, 2005, 76{{nb p.}}, {{p.}}28.</ref>. Il existe des modèles de protections auditives qui, à l’aide d’un filtre spécifique, permettent de retrouver un son assez proche du son original tout en offrant une réelle protection à leur porteur. Ces protections sont disponibles sous la forme de bouchons standards ou sur mesure, leur uniformité dans l’affaiblissement varie selon leur qualité; une méthode simple pour évaluer leur uniformité consiste en un calcul sur l’écart-type des affaiblissements sur chaque fréquence<ref>Gwenolé Nexer, « [http://www.hearingprotech.com/fr/publications/31-choisir-un-protecteur-individuel-contre-le-bruit-a-affaiblissement-a-reponse-uniforme.html Choisir un protecteur individuel contre le bruit à affaiblissement à réponse uniforme] », HearingProTech, 2011, 21{{nb p.}}, {{p.}}12.</ref>.
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Ce phénomène bien connu des acousticiens sous la dénomination « perte d'insertion » (''{{lang|en|insertion loss}}'') doit être compensé, faute de quoi le signal arrivant au tympan n’est pas fidèle à l’original<ref name=Meunier/>.
Il existe des modèles de protections auditives qui, à l’aide d’un filtre spécifique, permettent de retrouver un son assez proche du son original tout en offrant une réelle protection à leur porteur. Ces protections sont disponibles sous la forme de bouchons standards ou sur mesure, leur uniformité dans l’affaiblissement varie selon leur qualité; une méthode simple pour évaluer leur uniformité consiste en un calcul sur l’écart-type des affaiblissements sur chaque fréquence<ref>Gwenolé Nexer, « [http://www.hearingprotech.com/fr/publications/31-choisir-un-protecteur-individuel-contre-le-bruit-a-affaiblissement-a-reponse-uniforme.html Choisir un protecteur individuel contre le bruit à affaiblissement à réponse uniforme] », HearingProTech, 2011, 21{{nb p.}}, {{p.}}12.</ref>.


Un affaiblissement plat n’est pas forcément synonyme d’une bonne communication, en effet un PICB totalement étanche permet d’obtenir un affaiblissement relativement plat, mais également un SNR très élevé totalement inadapté pour un minimum de communication, le son n’est pas déformé, mais tellement atténué qu’il n’est plus audible. La plage idéale pour communiquer avec un protecteur dont l’affaiblissement est plat a été définie entre 15 et {{unité|23|dB}} de SNR.
Un affaiblissement plat n’est pas forcément synonyme d’une bonne communication, en effet un PICB totalement étanche permet d’obtenir un affaiblissement relativement plat, mais également un SNR très élevé totalement inadapté pour un minimum de communication, le son n’est pas déformé, mais tellement atténué qu’il n’est plus audible. La plage idéale pour communiquer avec un protecteur dont l’affaiblissement est plat a été définie entre 15 et {{unité|23|dB}} de SNR.
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Le fait de parler, de mastiquer, produit des mouvements dans la partie fibrocartilagineuse de notre oreille externe. Le son est transmis par cette partie fibrocartilagineuse à l’intérieur du conduit auditif et s’échappe naturellement à l’extérieur de l’oreille. La mise en place d’un bouchon dans le conduit va piéger les sons en les renvoyant vers le [[Tympan (anatomie)|tympan]]. Ces sons « sourds » sont amplifiés d’environ {{unité|20|dB}} sur les basses fréquences jusqu’à {{unité|500|Hz}}<ref>{{en}} Patricia A. Niquette, « Hearing Protection for Musicians », ''The Hearing Review'', 2006, {{p.}}56.</ref>, pour décroître et devenir nuls à {{unité|1700|Hz}}. Cette amplification correspond à ce que le sujet va entendre « en plus » de sa propre voix, il est difficile de s’habituer à cette résonance gênante. Le positionnement de la protection dans le conduit joue un rôle majeur sur l’effet d’occlusion. La profondeur d’insertion du protecteur influe donc considérablement. Plus elle est courte, plus la partie fibrocartilagineuse est laissée libre et plus elle génère de vibrations. À l’inverse une insertion profonde évite cet inconvénient. Les protecteurs sur mesure sont donc à privilégier pour éviter ce phénomène<ref>{{en}} Helliott Berger, ''Occlusion Effect on the Measurement of Real-Ear Attenuation at Threshold'', 1983.</ref>.
===== L'effet d'occlusion =====

Le fait de parler, de mastiquer, produit des mouvements dans la partie fibrocartilagineuse de notre oreille externe. Le son est transmis par cette partie fibrocartilagineuse à l’intérieur du conduit auditif et s’échappe naturellement à l’extérieur de l’oreille.
La mise en place d’un bouchon dans le conduit va piéger les sons en les renvoyant vers le [[Tympan (anatomie)|tympan]]. Ces sons « sourds » sont amplifiés d’environ {{unité|20|dB}} sur les basses fréquences jusqu’à {{unité|500|Hz}}<ref>{{en}} Patricia A. Niquette, « Hearing Protection for Musicians », ''The Hearing Review'', 2006, {{p.}}56.</ref>, pour décroître et devenir nuls à {{unité|1700|Hz}}. Cette amplification correspond à ce que le sujet va entendre « en plus » de sa propre voix, il est difficile de s’habituer à cette résonance gênante. Le positionnement de la protection dans le conduit joue un rôle majeur sur l’effet d’occlusion. La profondeur d’insertion du protecteur influe donc considérablement. Plus elle est courte, plus la partie fibrocartilagineuse est laissée libre et plus elle génère de vibrations.
À l’inverse une insertion profonde évite cet inconvénient. Les protecteurs sur mesure sont donc à privilégier pour éviter ce phénomène<ref>{{en}} Helliott Berger, ''Occlusion Effect on the Measurement of Real-Ear Attenuation at Threshold'', 1983.</ref>.

==== Se protéger des bruits impulsionnels ====


=== Protection anti-bruits impulsionnels ===
Dans certaines situations, il est nécessaire de se protéger des bruits impulsionnels tout en conservant une écoute parfaite de son environnement, en dehors de ces impacts. C’est le cas des chasseurs, des militaires sur le terrain. Différentes solutions existent :
Dans certaines situations, il est nécessaire de se protéger des bruits impulsionnels tout en conservant une écoute parfaite de son environnement, en dehors de ces impacts. C’est le cas des chasseurs, des militaires sur le terrain. Différentes solutions existent :
* actif : le système restitue l’environnement sonore à son niveau normal et « bloque » électroniquement tout bruit impulsionnel supérieur à un niveau déterminé ;
* Actif : le système restitue l’environnement sonore à son niveau normal et « bloque » électroniquement tout bruit impulsionnel supérieur à un niveau déterminé ;
* passif : le protecteur est équipé d’un filtre passif qui commence à réduire le bruit à partir d’un niveau qui se situe aux alentours de {{unité|110|dB(A)}}, la réduction peut atteindre un niveau d’affaiblissement d’environ {{unité|24|dB}} aux alentours de {{unité|150|dB(A)}}<ref>{{en}} William J. Murphy, PhD ; David C. Byrne, MS ; and John R. Franks, PhD, « Firearms and Hearing Protection », ''Hearing Revue'', 2007.</ref>. Très insuffisant pour des personnes exposées à des bruits de type continu, ce type de protecteur apporte un premier niveau de protection non négligeable aux personnes soumises aux coups de feu et autres détonations et n’ayant pas la possibilité de se protéger en permanence.
* Passif : le protecteur est équipé d’un filtre passif qui commence à réduire le bruit à partir d’un niveau qui se situe aux alentours de {{unité|110|dB(A)}}, la réduction peut atteindre un niveau d’affaiblissement d’environ {{unité|24|dB}} aux alentours de {{unité|150|dB(A)}}<ref>{{en}} William J. Murphy, PhD ; David C. Byrne, MS ; and John R. Franks, PhD, « Firearms and Hearing Protection », ''Hearing Revue'', 2007.</ref>. Très insuffisant pour des personnes exposées à des bruits de type continu, ce type de protecteur apporte un premier niveau de protection non négligeable aux personnes soumises aux coups de feu et autres détonations et n’ayant pas la possibilité de se protéger en permanence.


==== Se protéger pendant ses loisirs ====
=== Protection pendant les loisirs ===
Il est important de se protéger des environnements sonores trop importants quels que soient le lieu et l'activité. Une législation assez stricte existe et protège les salariés des risques du bruit sur leur lieu de travail. Il est évidemment important de se protéger hors du lieu de travail pendant ses loisirs. Il n'est pas rare d'être exposé à des intensités supérieures à {{unité|105|dB(A)}} lors d'un concert<ref name="Assemblée_2011">Assemblée nationale, ''Rapport d'information par la mission d'information sur les nuisances sonores'', 2011, 176{{nb p.}}, {{p.}}79.</ref>, lorsque l'on tond sa pelouse, tronçonne du bois ou assiste à un grand prix de {{nobr|Formule 1}}. Le [[#Les risques du bruit|tableau des durées d'exposition]] montre qu'une exposition d'une minute à cette intensité suffit pour endommager l'audition.
Il est important de se protéger des environnements sonores trop importants quels que soient le lieu et l'activité. Une législation assez stricte existe et protège les salariés des risques du bruit sur leur lieu de travail. Il est évidemment important de se protéger hors du lieu de travail pendant ses loisirs. Il n'est pas rare d'être exposé à des intensités supérieures à {{unité|105|dB(A)}} lors d'un concert<ref name="Assemblée_2011">Assemblée nationale, ''Rapport d'information par la mission d'information sur les nuisances sonores'', 2011, 176{{nb p.}}, {{p.}}79.</ref>, lorsque l'on tond sa pelouse, tronçonne du bois ou assiste à un grand prix de {{nobr|Formule 1}}. Le [[#Les risques du bruit|tableau des durées d'exposition]] montre qu'une exposition d'une minute à cette intensité suffit pour endommager l'audition.


=== S’isoler ===
=== Isolement ===
==== Sommeil ====
==== Sommeil ====
Le bruit perturbant pour l’oreille et l’organisme peut également perturber le sommeil<ref name="Assemblée_2011"/>. Nombreuses sont les personnes à utiliser des protections auditives pour s’isoler et tenter de trouver un sommeil réparateur en se protégeant des ronflements ou du bruit environnant.
Le bruit perturbant pour l’oreille et l’organisme peut également perturber le sommeil<ref name="Assemblée_2011"/>. Nombreuses sont les personnes à utiliser des protections auditives pour s’isoler et tenter de trouver un sommeil réparateur en se protégeant des ronflements ou du bruit environnant.
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Un niveau sonore, même s'il n'est pas très élevé, peut nuire à la concentration. L’utilisation de protections auditives permet de s’isoler au sens propre du terme. Les problèmes de concentration dans les open-spaces<ref>Gérard Hansmaennel, « [http://www.journaldunet.com/management/dossiers/03108bureau/openspace.shtml Aménager ses bureaux L'open space, oui mais…] », 2003.</ref>, souvent mal vécus par les salariés, peuvent être améliorés. Les protecteurs ayant un affaiblissement relativement uniforme seront les mieux adaptés, l’utilisateur aura alors la sensation qu’il peut simplement baisser le volume de son environnement sans effet de distorsion.
Un niveau sonore, même s'il n'est pas très élevé, peut nuire à la concentration. L’utilisation de protections auditives permet de s’isoler au sens propre du terme. Les problèmes de concentration dans les open-spaces<ref>Gérard Hansmaennel, « [http://www.journaldunet.com/management/dossiers/03108bureau/openspace.shtml Aménager ses bureaux L'open space, oui mais…] », 2003.</ref>, souvent mal vécus par les salariés, peuvent être améliorés. Les protecteurs ayant un affaiblissement relativement uniforme seront les mieux adaptés, l’utilisateur aura alors la sensation qu’il peut simplement baisser le volume de son environnement sans effet de distorsion.


== Entretien des protections auditives ==
== Entretien et hygiène ==
Il est conseillé d'entretenir les protections auditives selon les recommandations du fabricant pour leur conserver toute leur efficacité et leur intégrité<ref>Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien, AFNOR, 2005, 42{{nb p.}}, {{p.}}18.</ref>.
Il est conseillé d'entretenir les protections auditives selon les recommandations du fabricant pour leur conserver toute leur efficacité et leur intégrité<ref>Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien, AFNOR, 2005, 42{{nb p.}}, {{p.}}18.</ref>.


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L'utilisation prolongée de protecteurs auditifs de type bouchon peut favoriser la formation de bouchons de [[cérumen]] dans l’oreille externe, car elle bloque le flux normal du cérumen vers l'extérieur<ref name=nhsearwax> [http://www.nhs.uk/conditions/earwax/Pages/Introduction.aspx NHS-Earwax Build-up] - Ear plugs.</ref>. Par conséquent, il est nécessaire de nettoyer le conduit auditif et les bouchons d’oreilles régulièrement en cas d'usage prolongé, par exemple si la personne dort avec des bouchons d'oreilles. Un bouchon de cérumen peut faire apparaître progressivement des [[acouphènes]], une perte d'audition, des douleurs ou une infection, ces symptômes disparaîtront lors du retrait du bouchon de cérumen.
L'utilisation prolongée de protecteurs auditifs de type bouchon peut favoriser la formation de bouchons de [[cérumen]] dans l’oreille externe, car elle bloque le flux normal du cérumen vers l'extérieur<ref name=nhsearwax> [http://www.nhs.uk/conditions/earwax/Pages/Introduction.aspx NHS-Earwax Build-up] - Ear plugs.</ref>. Par conséquent, il est nécessaire de nettoyer le conduit auditif et les bouchons d’oreilles régulièrement en cas d'usage prolongé, par exemple si la personne dort avec des bouchons d'oreilles. Un bouchon de cérumen peut faire apparaître progressivement des [[acouphènes]], une perte d'audition, des douleurs ou une infection, ces symptômes disparaîtront lors du retrait du bouchon de cérumen.


== Mesure de l'efficacité d'une protection auditive contre le bruit ==
== Mesure d'efficacité ==
L'application d'une décote sur le niveau d'affaiblissement pour prendre en compte les écarts entre les valeurs affichées par les fabricants (mesures de certification) et la réalité terrain (''in situ'') permet, au moment du choix du protecteur, de prendre une marge de sécurité. Les organismes référents, Allemagne en tête, exigent de plus en plus que l'affaiblissement des protecteurs soit vérifié directement sur leur porteur une fois celui-ci équipé. Trois méthodes existent pour réaliser ces mesures :
L'application d'une décote sur le niveau d'affaiblissement pour prendre en compte les écarts entre les valeurs affichées par les fabricants (mesures de certification) et la réalité terrain (''in situ'') permet, au moment du choix du protecteur, de prendre une marge de sécurité. Les organismes référents, Allemagne en tête, exigent de plus en plus que l'affaiblissement des protecteurs soit vérifié directement sur leur porteur une fois celui-ci équipé. Trois méthodes existent pour réaliser ces mesures :
# Le test d'étanchéité : il mesure une fuite éventuelle du bouchon, il a l'avantage d'être rapide, mais n'apporte aucune information sur l'affaiblissement du protecteur. Le bouchon devra comporter un canal spécial pour laisser passer l'air insufflé lors du test ;
# Le test d'étanchéité : il mesure une fuite éventuelle du bouchon, il a l'avantage d'être rapide, mais n'apporte aucune information sur l'affaiblissement du protecteur. Le bouchon devra comporter un canal spécial pour laisser passer l'air insufflé lors du test ;
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À ce jour deux systèmes ont été reconnus comme fiables lors d'une étude réalisée par l'INRS<ref>{{Lien web|titre = Page de présentation d'un média - INRS|url = http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TP%252019|site = www.inrs.fr|consulté le = 2016-01-20}}</ref>, il s'agit des systèmes CAPA et EarFit.
À ce jour deux systèmes ont été reconnus comme fiables lors d'une étude réalisée par l'INRS<ref>{{Lien web|titre = Page de présentation d'un média - INRS|url = http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TP%252019|site = www.inrs.fr|consulté le = 2016-01-20}}</ref>, il s'agit des systèmes CAPA et EarFit.


== Protection contre l’eau ==
== Protections ==
=== Protection contre l’eau ===
Chez certaines personnes ou pour certaines pathologies, l'eau ne fait pas bon ménage avec l'oreille. L'eau qui stagne dans l'oreille peut être à l'origine de processus inflammatoires ou infectieux. Il est important de protéger un enfant ou un adulte sujet à [[otite]]. Une protection contre l'eau deviendra indispensable pour les personnes ayant un tympan perforé ou lorsqu’un drain est posé.
Chez certaines personnes ou pour certaines pathologies, l'eau ne fait pas bon ménage avec l'oreille. L'eau qui stagne dans l'oreille peut être à l'origine de processus inflammatoires ou infectieux. Il est important de protéger un enfant ou un adulte sujet à [[otite]]. Une protection contre l'eau deviendra indispensable pour les personnes ayant un tympan perforé ou lorsqu’un drain est posé.


La baignade est le facteur de risque le plus souvent associé<ref name=Truc>Dr Ba Truc Trinh, « Les otites du baigneur - Les infections ORL », ''Le Médecin du Québec'', {{Vol.|42}}, {{numéro|11}}, 31{{nb p.}}, {{p.}}26.</ref> à l'otite externe aiguë appelée également « otite du baigneur ». Le cérumen présent dans l'oreille, que chacun s'évertue à éliminer, agit en fait comme première barrière de protection contre l’humidité et l'infection<ref name=Truc/>.
La baignade est le facteur de risque le plus souvent associé<ref name=Truc>Dr Ba Truc Trinh, « Les otites du baigneur - Les infections ORL », ''Le Médecin du Québec'', {{Vol.|42}}, {{numéro|11}}, 31{{nb p.}}, {{p.}}26.</ref> à l'otite externe aiguë appelée également « otite du baigneur ». Le cérumen présent dans l'oreille, que chacun s'évertue à éliminer, agit en fait comme première barrière de protection contre l’humidité et l'infection<ref name=Truc/>.


Certains bouchons sont conçus principalement pour éviter la pénétration de l'eau dans le conduit auditif, en particulier pour la natation et les sports nautiques. Comme pour les protections contre le bruit, ils sont de type à façonner, préformé ou sur mesure.
Certains bouchons sont conçus principalement pour éviter la pénétration de l'eau dans le conduit auditif, en particulier pour la natation et les sports nautiques. Comme pour les protections contre le bruit, ils sont de type à façonner, préformé ou sur mesure.


Comme beaucoup l'ont signalé, notamment [[Jacques-Yves Cousteau]]<ref>''The Silent World'', Harper, New York, 1953, Harper, {{p.|5-6}}.</ref>, les bouchons d'oreille sont réellement nocifs pour les plongeurs, en particulier les plongeurs en scaphandre autonome. Les plongeurs respirent de l'air comprimé ou d'autres mélanges de gaz, à une pression correspondant à la pression de l'eau. Cette pression s’exerce aussi à l'intérieur de l'oreille, mais pas entre le tympan et le bouchon d’oreille, de sorte que la pression derrière le tympan va souvent faire éclater le tympan. Les plongeurs en apnée ont moins de pression à l'intérieur des oreilles, mais la pression atmosphérique s’exerce aussi au niveau du conduit auditif externe.
Comme beaucoup l'ont signalé, notamment [[Jacques-Yves Cousteau]]<ref>''The Silent World'', Harper, New York, 1953, Harper, {{p.|5-6}}.</ref>, les bouchons d'oreille sont réellement nocifs pour les plongeurs, en particulier les plongeurs en scaphandre autonome. Les plongeurs respirent de l'air comprimé ou d'autres mélanges de gaz, à une pression correspondant à la pression de l'eau. Cette pression s’exerce aussi à l'intérieur de l'oreille, mais pas entre le tympan et le bouchon d’oreille, de sorte que la pression derrière le tympan va souvent faire éclater le tympan. Les plongeurs en apnée ont moins de pression à l'intérieur des oreilles, mais la pression atmosphérique s’exerce aussi au niveau du conduit auditif externe.


== Protection auditive pour les voyages en avion ==
=== Protection auditive pour les voyages en avion ===
Lors du décollage d'un avion, la pression ambiante moins élevée par rapport à celle de l'oreille moyenne. L'air présent sous le tympan prend donc de l’expansion, ce qui entraîne une surpression relative dans la caisse du tympan et donne une sensation d'oreille bouchée. Un équilibrage des pressions se produit alors lentement entre l'oreille moyenne et le milieu ambiant. Il est alors conseillé d’avaler à plusieurs reprises (ou de sucer un bonbon) pour favoriser l’ouverture des trompes d’Eustache et accélérer le processus de rééquilibrage<ref>Fouad El Fata et Issam Saliba, « Quand l’avion atterrit et les oreilles décollent », ''Le Médecin du Québec'', {{Vol.|42}}, {{numéro|5}}, 2007, {{p.}}86.</ref>. Lors de l'atterrissage, la pression ambiante augmente, le phénomène s'inverse, il est alors conseillé d’exécuter la [[manœuvre de Valsalva]] à plusieurs reprises lors de la descente de l’avion.
Lors du décollage d'un avion, la pression ambiante moins élevée par rapport à celle de l'oreille moyenne. L'air présent sous le tympan prend donc de l’expansion, ce qui entraîne une surpression relative dans la caisse du tympan et donne une sensation d'oreille bouchée. Un équilibrage des pressions se produit alors lentement entre l'oreille moyenne et le milieu ambiant. Il est alors conseillé d’avaler à plusieurs reprises (ou de sucer un bonbon) pour favoriser l’ouverture des trompes d’Eustache et accélérer le processus de rééquilibrage<ref>Fouad El Fata et Issam Saliba, « Quand l’avion atterrit et les oreilles décollent », ''Le Médecin du Québec'', {{Vol.|42}}, {{numéro|5}}, 2007, {{p.}}86.</ref>. Lors de l'atterrissage, la pression ambiante augmente, le phénomène s'inverse, il est alors conseillé d’exécuter la [[manœuvre de Valsalva]] à plusieurs reprises lors de la descente de l’avion.


Des bouchons d'oreilles sont disponibles pour protéger les oreilles contre la douleur provoquée par les changements de pression dans les cabines d'avion. Certains dispositifs contiennent un filtre en céramique poreuse<ref>Henri-Joël Tagum Fombeno, ''Sécurité hygiène et médecine du travail en Afrique noire francophone'', Édition L'Harmattan, 2009, 234{{nb p.}}, {{p.}}92.</ref> qui assure l’égalisation des pressions de l'air atmosphérique entre l’intérieur et l'extérieur des oreilles, évitant ainsi la douleur pendant le décollage et l’atterrissage.
Des bouchons d'oreilles sont disponibles pour protéger les oreilles contre la douleur provoquée par les changements de pression dans les cabines d'avion. Certains dispositifs contiennent un filtre en céramique poreuse<ref>Henri-Joël Tagum Fombeno, ''Sécurité hygiène et médecine du travail en Afrique noire francophone'', Édition L'Harmattan, 2009, 234{{nb p.}}, {{p.}}92.</ref> qui assure l’égalisation des pressions de l'air atmosphérique entre l’intérieur et l'extérieur des oreilles, évitant ainsi la douleur pendant le décollage et l’atterrissage.
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=== HML ===
=== HML ===
Ce sont des indices globaux tout comme le SNR. Ils représentent l'affaiblissement acoustique obtenu en dB pour des bruit orientés aux hautes, moyennes et basses fréquences (''{{lang|en|High, Medium, Low}}'').
Ce sont des indices globaux tout comme le SNR. Ils représentent l'affaiblissement acoustique obtenu en dB pour des bruit orientés aux hautes, moyennes et basses fréquences (''{{lang|en|High, Medium, Low}}'').
* H : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux hautes fréquences (indice harmonique ''L''<sub>p,C</sub> – ''L''<sub>p,A</sub>  ≈ −1,2&nbsp;dB)
* H : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux hautes fréquences (indice harmonique ''L''<sub>p,C</sub> – ''L''<sub>p,A</sub>  ≈ −1,2&nbsp;dB)
* M : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux moyennes fréquences (indice harmonique ''L''<sub>p,C</sub> – ''L''<sub>p,A</sub>  ≈ 2&nbsp;dB)
* M : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux moyennes fréquences (indice harmonique ''L''<sub>p,C</sub> – ''L''<sub>p,A</sub>  ≈ 2&nbsp;dB)
* L : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux basses fréquences (indice harmonique ''L''<sub>p,C</sub> – ''L''<sub>p,A</sub>  ≈ 6&nbsp;dB)
* L : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux basses fréquences (indice harmonique ''L''<sub>p,C</sub> – ''L''<sub>p,A</sub>  ≈ 6&nbsp;dB)
Les formulations de calcul des indices H, M et L sont explicitées dans la norme internationale ISO 4869-2. Ce sont des moyennes pondérées des atténuations apportées par la protection à quatre à huit bruits industriels, tous d'orientation fréquentielle différente.[[File:Ponderation A.PNG|thumb|upright=1.6|Pondération « A »<ref>D'après la norme DIN EN 61672-1 2003-10 (DIN-IEC 651) définissant la pondération « A ».</ref>.]]
Les formulations de calcul des indices H, M et L sont explicitées dans la norme internationale ISO 4869-2. Ce sont des moyennes pondérées des atténuations apportées par la protection à quatre à huit bruits industriels, tous d'orientation fréquentielle différente.[[File:Ponderation A.PNG|thumb|upright=1.6|Pondération « A »<ref>D'après la norme DIN EN 61672-1 2003-10 (DIN-IEC 651) définissant la pondération « A ».</ref>.]]

=== Les pondérations (A) et (C) ===
=== Pondérations (A) et (C) ===
Une mesure du bruit peut se faire en [[Décibel|décibels]] pondérés « A » ou pondérés « C », on parle alors de dB(A) ou de dB(C).
Une mesure du bruit peut se faire en [[Décibel|décibels]] pondérés « A » ou pondérés « C », on parle alors de dB(A) ou de dB(C).


La [[Décibel A (dB A)|pondération « A »]] a été définie à partir des [[courbes isosoniques]] qui ont permis de caractériser la sensibilité de l’oreille humaine sur l’ensemble des fréquences. Cette pondération a été conçue pour représenter la perception humaine sur l’ensemble des fréquences et à de faibles intensités. Par la suite, on considéra qu’elle représentait également la fatigue auditive et la nocivité des bruits.
La [[Décibel A|pondération « A »]] a été définie à partir des [[courbe isosonique|courbes isosoniques]] qui ont permis de caractériser la sensibilité de l’oreille humaine sur l’ensemble des fréquences. Cette pondération a été conçue pour représenter la perception humaine sur l’ensemble des fréquences et à de faibles intensités. Par la suite, on considéra qu’elle représentait également la fatigue auditive et la nocivité des bruits.


Plusieurs études<ref>P. Campo et A. Damongeot, « [http://www.hst.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/HST_ND%201843/$File/ND1843.pdf La pondération « A » est-elle un indicateur pertinent de la nocivité des bruits de basses fréquences ?] », INRS, 1991, 8{{nb p.}}, {{p.}}7.</ref> montrent pourtant que la pondération « A » semble sous-estimer l’effet nocif des fréquences basses mieux prises en compte par la pondération « C ».
Plusieurs études<ref>P. Campo et A. Damongeot, « [http://www.hst.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/HST_ND%201843/$File/ND1843.pdf La pondération « A » est-elle un indicateur pertinent de la nocivité des bruits de basses fréquences ?] », INRS, 1991, 8{{nb p.}}, {{p.}}7.</ref> montrent pourtant que la pondération « A » semble sous-estimer l’effet nocif des fréquences basses mieux prises en compte par la pondération « C ».


== Notes et références ==
== Notes et références ==
=== Notes ===
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=== Références ===
{{Références}}
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== Voir aussi ==
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=== Articles connexes ===
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* [[Acouphène]]
* [[Bruit]]
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* [[Cellule ciliée]]
* [[Hyperacousie]]
* [[Pollution sonore]]
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* [[Surdité provoquée par le bruit (maladie professionnelle)|Surdité provoquée par le bruit]]
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* [[Acouphènes]]
* [[Cellule ciliée]]


=== Liens externes ===
=== Liens externes ===
{{Liens}}
* [http://www.inrs.fr/accueil/demarche/savoir-faire/protection-individuelle/bruit.html INRS - Protection individuelle contre le bruit]
* [http://www.bruit.fr/tout-sur-les-bruits/bruit-au-travail/ CIDB (Centre d'information et de documentation sur le bruit) - Le bruit au travail]
* [http://www.inrs.fr/accueil/demarche/savoir-faire/protection-individuelle/bruit.html INRS - Protection individuelle contre le bruit] sur inrs.fr
* [http://www.bruit.fr/tout-sur-les-bruits/bruit-au-travail/ CIDB (Centre d'information et de documentation sur le bruit) - le bruit au travail] sur bruit.fr
* [http://www.hearingprotech.com/ HearingProTech - Protection individuelle contre le bruit]
* [http://www.hearingprotech.com/ HearingProTech - Protection individuelle contre le bruit] sur hearingprotech.com
* [http://www.journee-audition.org/index.php JNA - Journée Nationale de l'Audition]
* [http://www.journee-audition.org/index.php JNA - Journée nationale de l'audition] sur journee-audition.org
* [http://www.inrs.fr/accueil/dms/inrs/CatalogueMultimedia/TI-Anim-055/bouchon-oreille-anim-055.swf Films pédagogiques sur la bonne utilisation de différents bouchons d'oreille], par l'INRS (2013)
* [http://www.inrs.fr/accueil/dms/inrs/CatalogueMultimedia/TI-Anim-055/bouchon-oreille-anim-055.swf Films pédagogiques sur la bonne utilisation de différents bouchons d'oreille], par l'INRS (2013)


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La protection auditive a pour rôle la réduction du niveau sonore perçu à l'oreille soit dans le but de protéger contre les risques de surdité soit pour améliorer le confort (sommeil, concentration)[1]. Elle peut également être utilisée pour empêcher l'eau de pénétrer dans le conduit auditif ou pour rééquilibrer la pression entre l'oreille moyenne et l'extérieur lors de voyages en avion.

Les chercheurs ont découvert que l'utilisation d'équipements de protection n'entraînait pas de réduction significative du risque de perte auditive[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Protection auditive de KL Wade 1939.
Bouchon de type non linéaire inventé par JS Knighf en 1954.

La première utilisation de bouchons d'oreilles en cire est mentionnée dans l’Odyssée[4], lorsque l'équipage d’Ulysse utilise ce procédé pour éviter d'être distrait par le chant des Sirènes. En 1921 est créée l'entreprise Quies, qui fabrique les boules éponymes. La première demande de dépôt de brevet pour un protecteur auditif remonte à 1939 : Kenneth L. Wade, citoyen américain, a mis au point un bouchon composé d'un corps poreux en latex[5], pour éviter de créer une pression d'air excessive dans le canal auditif ou sur le tympan. Ce cylindre était imprégné d'une cire amorphe et d'une gelée de pétrole, pour permettre une insertion et un retrait du protecteur plus aisés qu'avec un bouchon de cire classique.

En 1954, John S. Knighf développa[6] un bouchon de type préformé destiné à réduire les bruits violents de type explosion. Maurice C. Rosenblatt mit au point en , un système[7] destiné aux personnes exposées à des intensités sonores intenses, le protecteur était composé d'un serre-tête avec des bouchons en caoutchouc destinés à être introduits dans l'oreille. Raymond et Cecilia Benner ont inventé[8] les premiers bouchons moulés en silicone en 1962.

Les matières utilisées pour la fabrication des bouchons à façonner en mousse ont été découvertes au Conseil national de la recherche des États-Unis, par Ross Gardner et son équipe. Dans le cadre d'un projet sur les joints d'étanchéité, ils ont mis au point une résine avec des propriétés d'absorption d'énergie. Un brevet[9] a été déposé en 1976 par Ross Gardner. Ce matériau a été développé ultérieurement et commercialisé sous forme de bouchon d’oreilles en mousse à mémoire de forme.

Classification[modifier | modifier le code]

La protection auditive utilisée principalement pour la protection contre le bruit peut avoir plusieurs appellations :

  • « Protection auditive contre le bruit » ;
  • « Protecteur individuel contre le bruit » (PICB) dénomination utilisée par l'ensemble des normes (EN 458[10], EN352[11],[12],[13],[14], EN 13819[15],[16]...)

Les protections contre le bruit sont de deux types[17] : le serre-tête à coquilles[11], et le bouchon d'oreilles[12].

Serre-tête à coquilles[modifier | modifier le code]

Serre-tête à coquille.

Le serre-tête à coquilles appelé également casque antibruit est composé de deux coquilles qui recouvrent totalement l’oreille, reliées entre elles par un arceau central ajustable en métal ou en plastique qui passe sur le dessus de la tête pour assurer le maintien et appliquer une pression. Les deux coquilles contiennent de la mousse ou un liquide et sont recouvertes d’un revêtement en plastique souple pour la partie en contact avec l’oreille et d’une coque plastique rigide pour la partie externe. Certains systèmes avec coquilles sont montés directement sur des casques de sécurité. Il est réutilisable, mais il est conseillé de changer les coussinets sur les oreillettes tous les six mois[18] pour conserver une bonne étanchéité.

Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE[11] selon les modèles vont de 21 dB à 36 dB de SNR (Single Number Rating).

Bouchon d'oreille[modifier | modifier le code]

Le bouchon d'oreille est un élément qui est introduit dans le conduit auditif qui peut être jetable ou réutilisable, standard ou sur mesure. Il existe quatre types de bouchon : le bouchon standard à façonner, le bouchon standard préformé, le bouchon standard avec arceau, et le bouchon sur mesure.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La majorité des protections a un fonctionnement dit « passif », elles bloquent en partie le son avant qu'il n'entre dans le conduit auditif. Certaines protections apportent des fonctionnalités supplémentaires : dans le traitement du bruit, elles sont, en règle générale, équipées d’électronique et définies comme « actives ».

Affaiblissement passif[modifier | modifier le code]

Cette catégorie regroupe la majorité des protecteurs utilisés, l’affaiblissement dépend essentiellement de leur conception, des matériaux utilisés et de leur capacité à « fermer » l'oreille ou le conduit auditif de manière étanche. Certains modèles essentiellement sur mesure permettent d'adapter le niveau d'affaiblissement au besoin du porteur à l'aide de filtres passifs.

Moniteurs intra-auriculaire[modifier | modifier le code]

L’objectif des moniteurs intra-auriculaires est de faciliter l’écoute des artistes sur scène malgré la présence de diverses sources sonores telles que le bruit de la foule et les haut-parleurs sur la scène. Les moniteurs intra-auriculaires facilitent l’écoute de leur propre voix et leur instrument. L'intensité sonore générée par les haut-parleurs est souvent très élevée, exposant ainsi les artistes à des niveaux de bruit potentiellement dangereux. Pour pallier cela, les moniteurs intra-auriculaires sont privilégiés pour le renforcement sonore. En effet, ces écouteurs transmettent directement au musicien tout ce qu'il souhaite entendre, grâce à une gamme d'équipements dédiés. Des microphones sont positionnés devant les amplificateurs et les instruments pour capter le son. Ensuite, le signal est acheminé vers une table de mixage où les préférences sonores individuelles de chaque artiste sont ajustées. Une fois le signal traité, il est transmis à l'amplificateur du musicien, soit par un émetteur câblé ou sans fil, pour finalement être diffusé par les moniteurs intra-auriculaires. De plus, les bouchons d'oreilles moulés sur mesure permettent aux musiciens de contrôler précisément le mixage et le volume de leur propre voix et de leur instrument. Cette approche leur offre la possibilité d'équilibrer efficacement ces niveaux sonores par rapport au reste des musiciens, assurant ainsi un meilleur confort auditif et une protection contre les dommages auditifs potentiels[19]..

Avec électronique[modifier | modifier le code]

Bouchons sur mesure équipés d'écouteurs pour la musique.

Ils peuvent apporter un affaiblissement plus ou moins important selon le niveau sonore. Il pourra s'agir de protecteurs à atténuation dépendante du niveau de bruit (level dependent)[20], ces systèmes restituant le son extérieur, en l’amplifiant quand il est faible et en le compressant quand il est fort. La restitution cesse dès que les son extérieur dépasse un certain seuil (82dB(A) pour un bruit rose). D’autres protecteurs avec électronique traitent le signal et le restituent sous le ptotecteur selon la technologie dite « ANR »[21],[22],[23] (Active Noise Reduction) qui permet, grâce à l'envoi d'un signal en opposition de phase, d'annuler une partie du son indésirable, augmentant sensiblement l’affaiblissement sur les basses fréquences notamment. Enfin, certaines protections auditives peuvent être équipées de systèmes de communication ou de divertissement.

Plages d'affaiblissement[modifier | modifier le code]

Mesure de l'atténuation du bruit (Hearing protection fit-testing)[24],[25].
Graphique des valeurs d'affaiblissements d'un protecteur individuel contre le bruit avec les minima requis par la norme EN352.
Plages d'affaiblissements des différents modèles de PICB selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.

Chaque protecteur est testé et certifié par un laboratoire spécialisé et reconnu, les spécifications lui permettant d'obtenir le label CE sont décrites dans la norme EN352. À chaque protecteur correspond une valeur d'affaiblissement exprimée sous la forme de SNR. Les affaiblissements vont de 15 dB à 37 dB de SNR. Les valeurs d’affaiblissement d'un protecteur peuvent varier selon son type et ses caractéristiques.

Exemple d'un tableau d'affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit présenté selon la norme EN352[11],[12],[13],[14]

Le tableau ci-dessus est un exemple des données d'affaiblissement affichées par le fabricant de protections auditives.Ces données proviennent des résultats de la certification du protecteur réalisée par l'organisme certificateur agréé.

  1. La première ligne « Fréquences » reprend les huit fréquences testées, l'affichage de la fréquence 63 Hz est facultatif.
  2. Les données de la deuxième ligne « Mf » sont les affaiblissements moyens sur chacune des fréquences, la mesure est réalisée par l'organisme certificateur sur 16 sujets d'essais entraînés, selon la norme EN 13819-2:2002[16].
  3. Sur la troisième ligne « Sf » apparaissent les écarts-types calculés sur les affaiblissements des 16 sujets.
  4. La quatrième ligne donne la valeur « APV » (Assumed Protection Value) qui correspond à l'affaiblissement minimal du protecteur, celui-ci est calculé en retranchant un écart-type « Sf » à la moyenne « Mf ».
  5. Les minima d'affaiblissement par fréquence requis par la norme EN352[11],[12],[13],[14] sur la cinquième ligne déterminent la limite sous laquelle un protecteur individuel contre le bruit ne devra pas se trouver. Un protecteur auditif dont l'affaiblissement sur une fréquence se situerait sous ce niveau ne sera pas labellisé « CE » et ne pourra être commercialisé en tant qu'équipement de protection individuelle.
  6. La sixième ligne donne les affaiblissements moyens pour le protecteur (voir définitions du SNR et du HML).

Mais le SNR (NRR) mesuré en laboratoire ne donne aucune indication sur l'atténuation du bruit d'un travailleur particulier[26],[27]. Dans la pratique, une grande partie des travailleurs ont une atténuation du bruit proche de zéro[28],[29],[30],[31].

Affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit.
Affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit.

Double protection[modifier | modifier le code]

Les affaiblissements les plus élevés pour une protection auditive contre le bruit dépassent rarement les 35 dB. Il est possible d'aller au-delà de cette limite en utilisant une double protection (bouchon + serre-tête). L’atténuation d’une double protection est très inférieure à la somme algébrique des atténuations du bouchon et du serre-tête. Ce phénomène peut être expliqué par le couplage mécanique entre le bouchon et le serre-tête via les tissus humains, la vibration de la paroi du conduit auditif ou la conduction osseuse de la tête et du corps directement aux oreilles moyenne et interne[32],[33].

Un travail de recherche a proposé de cumuler les deux affaiblissements de façon logarithmique et non arithmétique à l’aide de la formulaire empirique suivante[34] :

Ici, correspond au SNR d'affaiblissement du bouchon et à celui du serre-tête. Pour donner un exemple d'une atténuation maximale (ce que certains rechercheront sans doute) : sachant que le maximum d'atténuation des protections actuelles est de l'ordre de 39 dB (SNR39), cela donne un maximum de 43,3 dB environ. La norme canadienne suggère quant à elle d’ajouter 5 dB à l’indice de réduction du bruit (NRR) le plus élevé des deux protecteurs[35].

Mise en place[modifier | modifier le code]

La mise en place de certains protecteurs de type bouchons standards peut présenter des difficultés. Ils nécessitent une certaine prise en main et devraient systématiquement être mis à disposition accompagnés d'une formation à la mise en place. De plus certaines personnes ont un conduit auditif très coudé ou étroit ce qui rend difficile voire impossible le passage du premier coude et donc la mise en place d'un protecteur de type bouchon[36].

Exposition au bruit[modifier | modifier le code]

L’exposition au bruit peut avoir deux types d’effets sur la santé : auditif et non auditif. Un risque de perte auditive existe à partir d’une exposition à 80 dB(A) pendant huit heures par jour. Plus le niveau sonore est élevé, plus la durée d’exposition à partir de laquelle un risque existe diminue. Un salarié travaillant sur une machine et exposé à 86 dB(A) mettra en danger son audition s’il reste exposé pendant plus de deux heures par jour. Un spectateur lors d’un concert rock situé près des enceintes acoustiques qui diffusent en moyenne un niveau de 110 dB(A) sera lui en danger s’il y reste plus de vingt secondes sans se protéger.

À chaque doublement du bruit, le niveau augmente de 3 dB (évolution logarithmique), la durée de l’exposition doit, elle, être divisée par deux pour éviter tout risque selon le tableau ci-dessous.

Durée maximale d'exposition sans protecteur individuel contre le bruit[37]
Niveau sonore en dB(A) Durée d'exposition maximale en heures
80
08:00:00
83
04:00:00
86
02:00:00
89
01:00:00
92
00:30:00
95
00:15:00
98
00:07:30
101
00:03:45
104
00:01:52
107
00:00:56
110
00:00:28
113
00:00:14
116
00:00:07
119
00:00:04
122
00:00:02
125
00:00:01

L'exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l'oreille interne. Elle conduit progressivement à une surdité, dite de perception, qui est irréversible. Dans ce cas, la chirurgie n'est d'aucun secours. L'appareillage par des prothèses électroniques se contente d'amplifier l'acuité résiduelle, il ne restitue pas la fonction auditive dans son ensemble.

Risques auditifs[modifier | modifier le code]

Les effets auditifs concernent la déficience auditive et peuvent se présenter sous les formes suivantes :

  • l’acouphène : sifflement, bourdonnement de l’oreille ;
  • l'hyperacousie : qui est une intolérance accompagnée de douleurs aux bruits de la vie quotidienne ;
  • le déficit auditif temporaire : résulte d’une exposition à un niveau sonore élevé, l’audition revient progressivement après l’exposition (plusieurs heures) ;
  • le traumatisme acoustique : dommage auditif causé par un bruit violent et bref (explosion, coup de feu, pétards…) ;
  • le déficit auditif permanent[38] : typique d’une exposition journalière prolongée au bruit (8 heures à + de 80 dB(A)). La destruction progressive de l’audition qui se déroule sur des mois, des années, est insidieuse, elle ne se remarque que lorsqu’elle cause une gêne telle que le sujet et son entourage commencent à rencontrer des difficultés de communication. Les lésions subies sont alors irréversibles et définitives. Les lésions sont causées aux cellules ciliées externes[39] qui se retrouvent dans la cochlée qui est une structure du système auditif où les sons graves, moyens et aigus sont perçus.

Risques non-auditifs[modifier | modifier le code]

Les effets non-auditifs sont source : d’anxiété, de dépression, de stress, d’irritabilité voire d’agressivité, de perturbations du sommeil, d’insomnie, de fatigue, d’une baisse de la concentration, d’effets sur le système cardio-vasculaire, et d’une augmentation du risque d’accidents du travail.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Protection anti-bruit[modifier | modifier le code]

Dans l'Union européenne, 16 % des adultes souffrent de déficience auditive[40], ce qui représente plus de 71 millions de personnes dont le niveau d'audition est diminué de plus de 25 dB, ce niveau étant défini comme déficience auditive selon la définition reconnue par l'Organisation mondiale de la santé. Les niveaux sonores élevés sont un réel danger pour l’oreille, petit à petit le bruit rend sourd, il est indispensable de s'en protéger.

Protection sur le lieu de travail[modifier | modifier le code]

De nombreux actifs gênés par les nuisances sonores considèrent qu'elles ont des répercussions sur la santé, l'audition (53 % dans l'industrie, la construction) et le comportement : énervement, agressivité (75 % dans l'administration)[41].

Réglementation[modifier | modifier le code]

Protections auditives contre le bruit obligatoires.

Depuis 1963, le bruit est reconnu comme cause de maladies professionnelles[42],[43]. En Europe, l’exposition des salariés au risque bruit est réglementée par la Directive européenne « bruit »[44] de 2003, transposée en droit français le 19 juillet 2006[45] qui définit les valeurs d’exposition à partir desquelles il y a obligation de protéger les travailleurs exposés. Lorsque le niveau d’exposition atteint 85 dB(A) sur une journée de 8 heures, il y a obligation de protéger les salariés. À 80 dB(A), l’employeur doit mettre à disposition des protecteurs contre le bruit. En aucun cas le niveau sonore résiduel à l’oreille ne doit dépasser les 87 dB(A) pour un salarié équipé de protecteurs, si ce cas se présentait, l'employeur devrait mettre en œuvre des mesures immédiates pour réduire le niveau sonore ou limiter la durée d'exposition du salarié.

Niveau d'exposition sonore déclenchant les actions selon la Directive 2003/10/CE
Lex8h en dB(A) [n 1] Ppc en dB(C) [n 2]
Valeur d'exposition inférieure déclenchant l'action
80 dB(A)
135 dB(C)
Valeur d'exposition supérieure déclenchant l'action
85 dB(A)
137 dB(C)
Valeur limite d'exposition (équipé d'un protecteur contre le bruit) - VLE
87 dB(A)
140 dB(C)

Taux de port[modifier | modifier le code]

Perte d'efficacité du protecteur selon le taux de port[46],[47].

Un élément important pour une bonne efficacité de la protection individuelle contre le bruit est la notion de taux de port. Le meilleur protecteur contre le bruit est celui qui est porté, mais pour être réellement efficace, celui-ci doit être porté de façon ininterrompue lors de l’exposition au bruit dont les niveaux sont nocifs. Les bonnes conditions pour un taux de port à 100 % : une protection confortable, un affaiblissement adapté ni trop, ni trop peu, une sensibilisation du salarié au risque du bruit sur son organisme, et une formation du salarié à la mise en place des protecteurs.

Le graphique ci-contre[46] montre trois protecteurs avec des affaiblissements différents. Nous voyons que la protection effective diminue très rapidement lorsque le protecteur n’est pas porté en permanence. Deux minutes de non-port sur une durée de 8 heures diminuent l'efficacité du protecteur de 25 %. Deux heures de non-port (sur 8 heures) correspondent à une perte d'efficacité du protecteur de 75 %.

La revue de la littérature a démontré que les professionnels de la musique (musiciens, producteurs de musique, compsoiteurs...) sont réticents face au port de protection auditive, mais cependant bien conscient des risques que leur exposition sonore engendre. Leur réticence vient d’abord du fait qu’ils ne pensent pas pouvoir discriminer les subtilités entre les notes qu’ils produisent, sur quoi reposent leur art. Ensuite, du fait qu’il est plus difficile de discriminer leur instrument de ceux aux alentours lors du port de bouchons. Le port de protection ne serait que très peu réglementée dans le milieu et peu fréquent, surtout lors des répétitions solo[19].

Niveau d’affaiblissement[modifier | modifier le code]

Lors du choix d’un protecteur contre le bruit, il est important de sélectionner un affaiblissement adapté. Pendant de nombreuses années, la croyance selon laquelle plus un protecteur avait un niveau d’affaiblissement élevé meilleur il était, est totalement erronée. L’objectif est de réduire suffisamment le niveau perçu à l’oreille pour éviter d’endommager l’audition, mais sans pour autant totalement isoler son porteur, on parle alors de surprotection. D'après les relevés de la SUVA[48] sur les travailleurs suisses, seuls 1,2 % des métiers sont exposés à des niveaux sonores supérieurs à 95 dB(A) pendant 8 heures. La norme EN458 indique les plages idéales de niveau résiduel à l’oreille. La Méthode SAPAN, basée sur cette norme, offre une règle de calcul ainsi que des outils pour obtenir le niveau d’affaiblissement le mieux adapté à la situation de chacun.

De nombreuses études[49] ont démontré que les niveaux d’affaiblissement annoncés par les fabricants sont très souvent supérieurs à ceux réellement constatés lors de mesures sur les utilisateurs de protections auditives contre le bruit. Ces écarts[49] proviennent d’une part des mesures réalisées en laboratoire en conditions idéales, et d’autre part des utilisateurs qui, du fait d’un manque de formation, de morphologie différente, de conditions de travail ou de protecteurs usagés, ne reproduisent pas les mêmes résultats. Les décotes[50] à appliquer à l’affaiblissement affiché par les fabricants peuvent aller de 5 dB pour un protecteur pour lequel une formation aura été dispensée à l’utilisateur, à 15 dB pour un bouchon standard délivré sans aucune formation.

Protection sans distorsion sonore[modifier | modifier le code]

Comparaison d'un affaiblissement classique et uniforme sur l'ensemble des fréquences[51].
Plage d'affaiblissement idéale pour la communication.

Certains métiers ou activités nécessitent de se protéger d’un niveau sonore trop élevé sans dénaturer le son. C’est le cas des musiciens, ingénieurs du son, de personnes désireuses de se protéger tout en continuant à communiquer avec leur entourage. La majeure partie des protecteurs du marché, en obturant le conduit auditif, perturbe la restitution fréquentielle. Les basses fréquences sont peu atténuées, alors que les hautes fréquences sont très affaiblies. Ces écarts entraînent une restitution sonore assez éloignée de la réalité et engendrent des difficultés à communiquer dans un environnement bruyant[20],[52], ainsi qu'un risque de non-perception de signaux sonores d’avertissement ou de danger pouvant également constituer un risque d’accident pour le salarié ou d’incident dans la réalisation de son travail[20].

La fonction de transfert du conduit auditif externe présente une résonance autour de 3 200 Hz, notre oreille a donc la particularité d’amplifier naturellement les fréquences aiguës, ce phénomène est dû à notre oreille externe en forme de cornet qui amplifie les bruits aigus de 10 à 15 dB en moyenne. Lorsque l’on supprime cette résonance (amplification naturelle) en obturant le conduit, cette résonance disparaît, nous perdons la perception d’une partie des fréquences aiguës que nous avons l’habitude d’entendre. Ce phénomène bien connu des acousticiens sous la dénomination « perte d'insertion » (insertion loss) doit être compensé, faute de quoi le signal arrivant au tympan n’est pas fidèle à l’original[53]. Il existe des modèles de protections auditives qui, à l’aide d’un filtre spécifique, permettent de retrouver un son assez proche du son original tout en offrant une réelle protection à leur porteur. Ces protections sont disponibles sous la forme de bouchons standards ou sur mesure, leur uniformité dans l’affaiblissement varie selon leur qualité; une méthode simple pour évaluer leur uniformité consiste en un calcul sur l’écart-type des affaiblissements sur chaque fréquence[54].

Un affaiblissement plat n’est pas forcément synonyme d’une bonne communication, en effet un PICB totalement étanche permet d’obtenir un affaiblissement relativement plat, mais également un SNR très élevé totalement inadapté pour un minimum de communication, le son n’est pas déformé, mais tellement atténué qu’il n’est plus audible. La plage idéale pour communiquer avec un protecteur dont l’affaiblissement est plat a été définie entre 15 et 23 dB de SNR.

Du fait de leur affaiblissement régulier sur toutes les fréquences, mais surtout de par l'absence d'un affaiblissement excessif sur les hautes fréquences, ces protecteurs à réponse uniforme sont vivement conseillés pour les personnes atteintes de pertes auditives dues à l'âge (presbyacousie) ou à une exposition professionnelle au bruit sur de longues durées sans protection ; cette population ayant une perte d'audition très prononcée sur les hautes fréquences verrait cette perte encore amplifiée si elle était équipée de protecteurs classiques.

Il apparaît important en matière de musiques amplifiées et puissantes (concerts) de porter ses protections auditives tout au long de l'évènement. Si le confort physique est bien sûr primordial, la sonorité perçue est non moins importante. De « bons » protecteurs auditifs demandent un certain temps d'adaptation, et ceux non adaptés sont réputés comme « cassant le son » du fait de leur distorsion, un reproche récurrent, qui conduit ces modèles à être trop souvent remisés dans leur étui.

Le fait de parler, de mastiquer, produit des mouvements dans la partie fibrocartilagineuse de notre oreille externe. Le son est transmis par cette partie fibrocartilagineuse à l’intérieur du conduit auditif et s’échappe naturellement à l’extérieur de l’oreille. La mise en place d’un bouchon dans le conduit va piéger les sons en les renvoyant vers le tympan. Ces sons « sourds » sont amplifiés d’environ 20 dB sur les basses fréquences jusqu’à 500 Hz[55], pour décroître et devenir nuls à 1 700 Hz. Cette amplification correspond à ce que le sujet va entendre « en plus » de sa propre voix, il est difficile de s’habituer à cette résonance gênante. Le positionnement de la protection dans le conduit joue un rôle majeur sur l’effet d’occlusion. La profondeur d’insertion du protecteur influe donc considérablement. Plus elle est courte, plus la partie fibrocartilagineuse est laissée libre et plus elle génère de vibrations. À l’inverse une insertion profonde évite cet inconvénient. Les protecteurs sur mesure sont donc à privilégier pour éviter ce phénomène[56].

Protection anti-bruits impulsionnels[modifier | modifier le code]

Dans certaines situations, il est nécessaire de se protéger des bruits impulsionnels tout en conservant une écoute parfaite de son environnement, en dehors de ces impacts. C’est le cas des chasseurs, des militaires sur le terrain. Différentes solutions existent :

  • Actif : le système restitue l’environnement sonore à son niveau normal et « bloque » électroniquement tout bruit impulsionnel supérieur à un niveau déterminé ;
  • Passif : le protecteur est équipé d’un filtre passif qui commence à réduire le bruit à partir d’un niveau qui se situe aux alentours de 110 dB(A), la réduction peut atteindre un niveau d’affaiblissement d’environ 24 dB aux alentours de 150 dB(A)[57]. Très insuffisant pour des personnes exposées à des bruits de type continu, ce type de protecteur apporte un premier niveau de protection non négligeable aux personnes soumises aux coups de feu et autres détonations et n’ayant pas la possibilité de se protéger en permanence.

Protection pendant les loisirs[modifier | modifier le code]

Il est important de se protéger des environnements sonores trop importants quels que soient le lieu et l'activité. Une législation assez stricte existe et protège les salariés des risques du bruit sur leur lieu de travail. Il est évidemment important de se protéger hors du lieu de travail pendant ses loisirs. Il n'est pas rare d'être exposé à des intensités supérieures à 105 dB(A) lors d'un concert[58], lorsque l'on tond sa pelouse, tronçonne du bois ou assiste à un grand prix de Formule 1. Le tableau des durées d'exposition montre qu'une exposition d'une minute à cette intensité suffit pour endommager l'audition.

Isolement[modifier | modifier le code]

Sommeil[modifier | modifier le code]

Le bruit perturbant pour l’oreille et l’organisme peut également perturber le sommeil[58]. Nombreuses sont les personnes à utiliser des protections auditives pour s’isoler et tenter de trouver un sommeil réparateur en se protégeant des ronflements ou du bruit environnant. Dans ce cas, seuls les bouchons d’oreille peuvent convenir, les modèles utilisés sont généralement les plus souples et les plus petits possible pour ne pas ressentir de douleur lorsque le dormeur est appuyé sur son oreille.

Concentration[modifier | modifier le code]

Un niveau sonore, même s'il n'est pas très élevé, peut nuire à la concentration. L’utilisation de protections auditives permet de s’isoler au sens propre du terme. Les problèmes de concentration dans les open-spaces[59], souvent mal vécus par les salariés, peuvent être améliorés. Les protecteurs ayant un affaiblissement relativement uniforme seront les mieux adaptés, l’utilisateur aura alors la sensation qu’il peut simplement baisser le volume de son environnement sans effet de distorsion.

Entretien et hygiène[modifier | modifier le code]

Il est conseillé d'entretenir les protections auditives selon les recommandations du fabricant pour leur conserver toute leur efficacité et leur intégrité[60].

Risques pour la santé[modifier | modifier le code]

L'utilisation prolongée de protecteurs auditifs de type bouchon peut favoriser la formation de bouchons de cérumen dans l’oreille externe, car elle bloque le flux normal du cérumen vers l'extérieur[61]. Par conséquent, il est nécessaire de nettoyer le conduit auditif et les bouchons d’oreilles régulièrement en cas d'usage prolongé, par exemple si la personne dort avec des bouchons d'oreilles. Un bouchon de cérumen peut faire apparaître progressivement des acouphènes, une perte d'audition, des douleurs ou une infection, ces symptômes disparaîtront lors du retrait du bouchon de cérumen.

Mesure d'efficacité[modifier | modifier le code]

L'application d'une décote sur le niveau d'affaiblissement pour prendre en compte les écarts entre les valeurs affichées par les fabricants (mesures de certification) et la réalité terrain (in situ) permet, au moment du choix du protecteur, de prendre une marge de sécurité. Les organismes référents, Allemagne en tête, exigent de plus en plus que l'affaiblissement des protecteurs soit vérifié directement sur leur porteur une fois celui-ci équipé. Trois méthodes existent pour réaliser ces mesures :

  1. Le test d'étanchéité : il mesure une fuite éventuelle du bouchon, il a l'avantage d'être rapide, mais n'apporte aucune information sur l'affaiblissement du protecteur. Le bouchon devra comporter un canal spécial pour laisser passer l'air insufflé lors du test ;
  2. La méthode MIRE[62] (Microphone in Real Ear) : le protecteur est équipé d'un double microphone extérieur/intérieur, l'affaiblissement est déterminé par l'écart de mesure entre les deux microphones lors de la génération d'un bruit blanc. Le protecteur doit être spécifiquement conçu pour recevoir le microphone intérieur ;
  3. La méthode par mesure des seuils d'audibilité : elle permet grâce à des algorithmes complexes, de mesurer très rapidement la perception du sujet avec et sans protecteur, l'affaiblissement est déduit de ces deux mesures. Ce système, contrairement aux deux autres, permet de contrôler n'importe quelle protection de type « bouchon ».

À ce jour deux systèmes ont été reconnus comme fiables lors d'une étude réalisée par l'INRS[63], il s'agit des systèmes CAPA et EarFit.

Protections[modifier | modifier le code]

Protection contre l’eau[modifier | modifier le code]

Chez certaines personnes ou pour certaines pathologies, l'eau ne fait pas bon ménage avec l'oreille. L'eau qui stagne dans l'oreille peut être à l'origine de processus inflammatoires ou infectieux. Il est important de protéger un enfant ou un adulte sujet à otite. Une protection contre l'eau deviendra indispensable pour les personnes ayant un tympan perforé ou lorsqu’un drain est posé.

La baignade est le facteur de risque le plus souvent associé[64] à l'otite externe aiguë appelée également « otite du baigneur ». Le cérumen présent dans l'oreille, que chacun s'évertue à éliminer, agit en fait comme première barrière de protection contre l’humidité et l'infection[64].

Certains bouchons sont conçus principalement pour éviter la pénétration de l'eau dans le conduit auditif, en particulier pour la natation et les sports nautiques. Comme pour les protections contre le bruit, ils sont de type à façonner, préformé ou sur mesure.

Comme beaucoup l'ont signalé, notamment Jacques-Yves Cousteau[65], les bouchons d'oreille sont réellement nocifs pour les plongeurs, en particulier les plongeurs en scaphandre autonome. Les plongeurs respirent de l'air comprimé ou d'autres mélanges de gaz, à une pression correspondant à la pression de l'eau. Cette pression s’exerce aussi à l'intérieur de l'oreille, mais pas entre le tympan et le bouchon d’oreille, de sorte que la pression derrière le tympan va souvent faire éclater le tympan. Les plongeurs en apnée ont moins de pression à l'intérieur des oreilles, mais la pression atmosphérique s’exerce aussi au niveau du conduit auditif externe.

Protection auditive pour les voyages en avion[modifier | modifier le code]

Lors du décollage d'un avion, la pression ambiante moins élevée par rapport à celle de l'oreille moyenne. L'air présent sous le tympan prend donc de l’expansion, ce qui entraîne une surpression relative dans la caisse du tympan et donne une sensation d'oreille bouchée. Un équilibrage des pressions se produit alors lentement entre l'oreille moyenne et le milieu ambiant. Il est alors conseillé d’avaler à plusieurs reprises (ou de sucer un bonbon) pour favoriser l’ouverture des trompes d’Eustache et accélérer le processus de rééquilibrage[66]. Lors de l'atterrissage, la pression ambiante augmente, le phénomène s'inverse, il est alors conseillé d’exécuter la manœuvre de Valsalva à plusieurs reprises lors de la descente de l’avion.

Des bouchons d'oreilles sont disponibles pour protéger les oreilles contre la douleur provoquée par les changements de pression dans les cabines d'avion. Certains dispositifs contiennent un filtre en céramique poreuse[67] qui assure l’égalisation des pressions de l'air atmosphérique entre l’intérieur et l'extérieur des oreilles, évitant ainsi la douleur pendant le décollage et l’atterrissage.

Définitions[modifier | modifier le code]

SNR[modifier | modifier le code]

Le SNR (Single Number Rating) est l'indice global d’affaiblissement. Il représente l'affaiblissement acoustique obtenu en dB pour un bruit industriel moyen tel que défini dans la norme internationale ISO 4869-2

HML[modifier | modifier le code]

Ce sont des indices globaux tout comme le SNR. Ils représentent l'affaiblissement acoustique obtenu en dB pour des bruit orientés aux hautes, moyennes et basses fréquences (High, Medium, Low).

  • H : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux hautes fréquences (indice harmonique Lp,CLp,A  ≈ −1,2 dB)
  • M : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux moyennes fréquences (indice harmonique Lp,CLp,A  ≈ 2 dB)
  • L : atténuation de la protection auditive pour un bruit orienté aux basses fréquences (indice harmonique Lp,CLp,A  ≈ 6 dB)

Les formulations de calcul des indices H, M et L sont explicitées dans la norme internationale ISO 4869-2. Ce sont des moyennes pondérées des atténuations apportées par la protection à quatre à huit bruits industriels, tous d'orientation fréquentielle différente.

Pondération « A »[68].

Pondérations (A) et (C)[modifier | modifier le code]

Une mesure du bruit peut se faire en décibels pondérés « A » ou pondérés « C », on parle alors de dB(A) ou de dB(C).

La pondération « A » a été définie à partir des courbes isosoniques qui ont permis de caractériser la sensibilité de l’oreille humaine sur l’ensemble des fréquences. Cette pondération a été conçue pour représenter la perception humaine sur l’ensemble des fréquences et à de faibles intensités. Par la suite, on considéra qu’elle représentait également la fatigue auditive et la nocivité des bruits.

Plusieurs études[69] montrent pourtant que la pondération « A » semble sous-estimer l’effet nocif des fréquences basses mieux prises en compte par la pondération « C ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dose de bruit journalière reçue en décibels pondérés "A", appelée également exposition quotidienne
  2. Pression acoustique de crête en décibels pondérés "C", identifie les niveaux impulsionnels du bruit

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]